Le député de Hull-Aylmer, Marcel Proulx, a déploré ces mesures touchant la fonction publique fédérale.
Le député de Hull-Aylmer, Marcel Proulx, a déploré ces mesures touchant la fonction publique fédérale.

Retour à « l'âge des ténèbres » des relations de travail

Paul Gaboury
Paul Gaboury
Le Droit
Les mesures de contrôle des salaires et de la suspension du droit de grève et d'arbitrage des employés du secteur fédéral sont un retour à l'« âge des ténèbres » des relations de travail, déplorent les dirigeants des deux principaux syndicats du secteur fédéral.
« Il est incroyable que le gouvernement ait retiré tous nos droits à la grève, à la négociation ou à l'arbitrage et que, pour ajouter l'insulte à l'injure, sans aucune raison, la parité salariale fasse l'objet d'une attaque. C'est un retour à l'âge des ténèbres des relations de travail » a commenté la présidente Michèle Demers de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada.
Elle ajoute que le gouvernement n'avait pas le droit d'éliminer unilatéralement les droits des employés fédéraux, droits enchâssés dans la Constitution et dans le patrimoine social. Elle croit que ce n'est qu'un début, puisque l'intention du ministre Flaherty est de revoir les modèles de régime de pension, ce qui pourrait avoir de graves conséquences pour les fonctionnaires qui ont déjà pris leur retraite ou qui y songent.
« Ce sont des droits fondamentaux que les travailleurs canadiens ont obtenus suite à de longs combats. La démocratie est menacée », a mentionné Mme Demers.
À propos des négociations, la présidente a confirmé que son syndicat avait repris les discussions avec le gouvernement depuis lundi, en table commune, avec une quinzaine d'équipes représentant plus de 42 000 membres, dont 32 000 employés de divers groupes relevant du Conseil du Trésor et 10 000 autres d'employeurs distincts. Ce sprint de négos doit se poursuivre au cours de la fin de semaine.
« Nous sommes dans un sprint final de négociations. Nous attendons que l'employeur nous revienne. Mais nous essayons d'obtenir le maximum pour nos membres. Si on ne réussit pas, ce n'est pas parce que nous n'aurons pas essayé », a indiqué
Mme Demers.
John Gordon stupéfait
Après avoir annoncé lundi des ententes de principe avec quatre groupes d'employés, totalisant 100 000 membres, basées sur les offres finales de 6,8 % sur quatre ans, le président de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), John Gordon, dit avoir appris avec stupéfaction que des conventions collectives négociées et des sentences arbitrales dans le secteur public seraient révisées à la baisse et que le droit de grève sera suspendu jusqu'à la fin de 2010-2011 pour des motifs liés aux salaires.
« Négocier avec le gouvernement et s'entendre pour accepter et recommander une hausse salariale comme l'AFPC l'a fait dans la dernière semaine, c'est une chose. Prendre des mesures législatives pour réduire les acquis des conventions collectives négociées et ratifiées, et retirer le droit à la grève, c'est une tout autre affaire », a commenté le président Gordon.
Proulx mécontent
Le député de Hull-Aylmer, Marcel Proulx, a déploré ces mesures touchant la fonction publique fédérale. « Les conservateurs se servent de la crise économique actuelle pour atteindre deux de leurs objectifs néo-conservateurs. Le premier, c'est de suspendre le droit de la fonction publique de faire la grève, au moins jusqu'en 2011. Et deuxièmement, ils minent le principe du travail égal à salaire égal pour les femmes », a indiqué le député Proulx. Il craint aussi la vente des propriétés et les biens du gouvernement fédéral. « Les conservateurs ne les ont pas encore identifiés. Mais ils parlent d'en vendre pour 10 millions $ pour équilibrer le budget », a-t-il dit.