Marie-Eve Proulx, ministre déléguée au Développement économique régional

«Respecter la différence» de l’Outaouais

La pénurie de main-d’œuvre, l’accès à internet haute vitesse, l’économie sociale et le contexte frontalier de la région sont au nombre des enjeux soulevés à la table lors d’une rencontre mercredi entre divers acteurs socio-économiques de l’Outaouais et la ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Eve Proulx.

Après la Mauricie et l’Abitibi-Témiscamingue, cette dernière était de passage à Gatineau en marge de sa tournée provinciale visant à échanger avec les partenaires au sujet de certaines mesures du Plan d’action gouvernemental en entrepreneuriat 2017-2022.

« C’est important pour moi d’entendre ce qu’ils ont à dire, au niveau des préoccupations, des enjeux et des besoins. On sait que dans les dernières années, il y a eu énormément de coupures en matière de développement économique dans les MRC, dans les régions. Nous, on veut déterminer comment on peut mieux soutenir les régions pour assurer un développement prospère. [...] Une des grandes spécificités de l’Outaouais, c’est [son aspect frontalier] avec Ottawa, où les façons de faire sont différentes. L’Outaouais a besoin de moyens pour mieux se positionner en matière entrepreneuriale, en matière d’innovation. Elle a besoin de pouvoir mettre en place ses propres façons de faire considérant cette spécificité-là. C’est dans cet esprit-là qu’on veut accompagner la région, mieux respecter cette différence », a-t-elle lancé en mêlée de presse.

Alors que Gatineau est le deuxième pôle d’immigration de la province, Mme Proulx croit que même dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre, les entrepreneurs n’ont rien à craindre du fait que le gouvernement caquiste a abaissé le seuil d’immigration annuel.

« Pour nous, ce n’est pas tant de limiter que de mieux accompagner et mieux intégrer les immigrants. Ce qu’on a constaté au Québec, au cours des dernières années, c’est que les immigrants finissaient par quitter pour Toronto ou d’autres grands centres urbains. En milieu rural ou en région périphérique, on a aussi besoin de cette main-d’œuvre pour participer à la vitalité des milieux. On a besoin de mieux les intégrer, d’assurer une francisation adéquate », dit-elle.

Vers une modulation?

Le directeur général de la Coopérative de développement régional (CDR) Outaouais-Laurentides, Patrick Duguay, ressort satisfait et optimiste de cette rencontre.

« Ce qui a séduit l’ensemble des gens, c’est l’écoute et l’ouverture. La ministre souhaite établir des ponts avec les acteurs du développement économique. Elle nous a envoyé des messages forts, le principal est qu’elle veut que l’action gouvernementale soit modulée en fonction des particularités régionales, que ce soit la fin du mur-à-mur. Les aspirations, les opportunités et les problématiques de chaque région sont différentes les unes des autres. Ce message a été très bien reçu », affirme-t-il.

Les principaux défis de la région ont été exposés à la ministre Proulx, qui s’est montrée sensible à ceux-ci, selon M. Duguay.

« D’entrée de jeu, la question de la pénurie de main-d’œuvre a beaucoup été soulevée. On est dans une nouvelle ère où avec le quasi-plein emploi, on ne fait pas face aux mêmes types de problématiques. Un des enjeux, c’est comment travailler sur une meilleure distribution des emplois pour répondre aux besoins des entreprises. La question de l’Internet haute vitesse a quant à elle été élaborée par tout le monde. Il faut que ça devienne accessible dans toutes les régions rurales, c’est un gros enjeu pour lequel elle a réitéré l’engagement du gouvernement. Dans le Pontiac, on l’a vu, c’est même un enjeu de sécurité publique », soutient-il.

Il est confiant de voir l’Outaouais obtenir sa juste part du gâteau qui tiendra compte de la proximité avec l’Ontario.

« C’est clair qu’on ne peut pas se présenter de la même façon qu’ailleurs au Québec. Si on en tient compte, ça peut être un avantage, alors que si on ne le fait pas, on est perdants », conclut-il.