La rue Sparks à Ottawa

Repenser la rue Sparks

Même si la rue Sparks est l’un des fiers symboles d’Ottawa, elle ne fait pas l’unanimité.

Ses résidants se plaignent qu’elle soit entièrement vouée aux touristes et qu’une fois ceux-ci partis, elle ne devienne ni plus ni moins qu’un village fantôme.

Ses commerçants déplorent que sa prospérité soit saisonnière et que même en été, les festivaliers ne deviennent pas nécessairement des clients.

Même le maire de la ville, Jim Watson, dénonce ce « désert de béton » et sa vocation piétonnière piétinée chaque jour par des camions de livraison et autres véhicules de services.

Aussi belle et riche soit-elle, on lui cherche une nouvelle personnalité, un nouveau look, une nouvelle vocation.

À cet effet, le maire Watson invitait les citoyens à venir le rencontrer à l’hôtel de ville, samedi matin, pour lui faire part de leurs idées quant à l’avenir de cette rue qui fut la toute première avenue à devenir piétonnière au Canada.

Une centaine d’entre eux ont répondu à l’appel: des commerçants, des résidants, des fonctionnaires...

Et les idées ont fusé: on voulait des activités extérieures hivernales, un musée national des sports, on a suggéré d’en couvrir une partie pour se protéger de l’hiver, d’en chasser les cyclistes, de les inclure, d’ouvrir l’édifice de Radio-Canada/CBC à la rue pour créer une interaction avec les passants, d’y ajouter de la verdure, d’en faire un tremplin pour la relève musicienne...

À l’hôtel de ville d’Ottawa, samedi, des citoyens pouvaient consulter un plan de la rue Sparks et inscrire des remarques et suggestions.

Pour organiser et canaliser toutes ces idées, à la suite d’un appel d’offres, une firme montréalaise d’architectes paysagistes, Vlan Paysages, a été retenue pour élaborer un plan directeur qui couchera sur papier les orientations et les éléments propres à la revitalisation de cette artère. Vlan, qui vient d’être embauché par la Ville, a 16 mois pour accoucher d’un agenda et d’une boîte à idées sur Sparks.

Vlan Paysages est derrière plusieurs projets de design urbain à Montréal, notamment la résurrection de la Place des Nations, la transformation de la petite avenue du Musée, à côté du Musée des Beaux-Arts de Montréal, et la métamorphose d’ensembles urbains à Griffintown et Westmount.

Un calendrier de réflexions

La Ville sera en mode écoute jusqu’en février. Les résidants internautes peuvent d’ailleurs partager leurs états d’âme sur cette artère sur le site web de la Ville. 

Le reste de l’année 2018 sera une période consacrée à l’analyse des options disponibles, et entre novembre 2018 et la fin du premier trimestre 2019, un plan directeur final sera choisi, puis approuvé plus tard par le conseil municipal et la Commission de la capitale nationale.

« Une des choses positives avec la rue Sparks, c’est les édifices patrimoniaux. C’est important de les protéger. Ce n’est pas nécessaire de tout réinventer. On veut prendre des bonnes idées d’autres municipalités, comme la rue Sainte-Catherine dans le quartier gai à Montréal, les petites rues du Vieux-Québec ou Milan en Italie... Prendre des idées d’ici et d’ailleurs », explique le maire Jim Watson qui espère plutôt bonifier l’artère, plus que la métamorphoser profondément.   

L’architecte paysagiste Julie St-Arnault de Vlan promet un rapport « très illustré » dans 16 mois.

« On va la dessiner cette rue, en plans, en vues 3D, en coupes. On va la voir en différentes échelles. Ce ne sera pas juste de la décrire, ce sera aussi de la concevoir spatialement. »