Selon l’étude, la marijuana récréative ou médicinale pourrait être combinée à une substance stimulant le GABA pour bloquer «à la source» les effets négatifs du THC.
Selon l’étude, la marijuana récréative ou médicinale pourrait être combinée à une substance stimulant le GABA pour bloquer «à la source» les effets négatifs du THC.

Renverser les effets nocifs du THC

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
Une chercheuse de l’Ontario estime qu’il est possible de renverser les effets néfastes du cannabis sur le comportement des adeptes qui en consomment depuis l’adolescence.

L’équipe de la Dre Justine Renard, de l’Université Western, à London, a mené des expériences concluantes sur des rats.

D’abord, les chercheurs leur ont administré du THC (tétrahydrocannabinol), soit la substance qui donne l’effet recherché chez les consommateurs de cannabis.

Des études précédentes ont démontré que la consommation à long terme pouvait entraîner des effets pervers chez l’humain, tels le déficit d’attention, la perte de motivation, l’anxiété, la modification de comportements sociaux, voire la schizophrénie.

Santé Canada a dressé une liste exhaustive des effets potentiellement néfastes sur la santé.

La Dre Renard a exploité les propriétés surprenantes d’une enzyme déjà présente chez l’animal et l’humain.

Il s’agit du GABA, un neurotransmetteur qui permet entre autres de contrôler la peur ou l’anxiété.

« C’est un neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux qui régule l’activité neuronale », explique-t-elle. Le GABA agit sur des récepteurs spécifiques du cerveau.

« Chez les personnes schizophrènes, on observe des diminutions du GABA par rapport à la moyenne. »

Rats ados

Dans ses tests menés sur des rats affectés par les effets à long terme du THC, l’équipe de l’Université Western a réussi à restaurer les neurotransmetteurs grâce à des injections de GABA.

« On prend un rat ‘adolescent’, qui a l’équivalent de 13 à 17 ans pour un humain, et on l’injecte au THC, explique la docteure. Quand il atteint l’équivalent de ses 25 ans, le rat reçoit une dose de GABA dans le cortex préfrontal. «On boost les récepteurs et (le rat) n’a plus aucun déficit.»

Les tests cliniques chez l’humain n’ont pas encore été entamés. Il pourrait s’agir de la prochaine étape, selon la docteure Renard.

«Ce n’est pas une raison», concède la docteure, pour consommer du pot dès l’adolescence. Le cerveau est encore en développement à cet âge et sa consommation demeure risquée.

Selon l’étude, la marijuana récréative ou médicinale pourrait être combinée à une substance stimulant le GABA pour bloquer «à la source» les effets négatifs du THC.