Le Cercle des Sophie tentera de trouver 40 000$ pour ajouter une cinquième journée à l'horaire de la halte-accueil.

Redonner espoir aux Sophie d'aujourd'hui

Dans les années 90, on a retrouvé, un jour, une jeune femme dans la vingtaine morte sur un banc de parc. Elle s'appelait Sophie.
Cette dernière, une mère francophone sans ressources, séropositive et toxicomane avait déjà été aidée par une intervenante, mais qui devait la rencontrer dans les parcs et les restaurants, faute d'un lieu adéquat pour l'accueillir. 
À sa mort, on décida d'entreprendre des démarches pour créer un site qui accueillerait dans un endroit sécuritaire les femmes francophones qui ont des besoins multiples.
Depuis la fin 1997, c'est chose faite et le Centre espoir Sophie  loge dans des locaux appartenant à la Société Saint-Vincent de Paul, rue Murray à Ottawa. Ce n'est pas un refuge, en ce que les femmes n'y passent pas la nuit ; il s'agit plutôt d'une « halte-accueil » ouverte quatre jours par semaine de 15 h à 21 h. Des soupers y sont offerts et d'autres services d'aide aussi. 
« On est la seule halte-accueil francophone dans la capitale », affirme Éthel Côté, présidente du conseil d'administration du Centre. « Les femmes nous disent que c'est leur maison. »
Mais les femmes qui fréquentent les lieux réclament maintenant une cinquième journée ; d'où la création du Cercle des Sophie, un comité de femmes influentes, sous la présidence d'honneur de Madeleine Meilleur, dont le mandat est d'aller trouver 40 000$ supplémentaires pour ajouter cette cinquième journée à l'horaire de la halte-accueil. Dimanche avait d'ailleurs lieu la toute première activité de financement du Centre espoir Sophie à cet effet. On espère qu'un jour le Cercle des Sophie atteindra 400 femmes qui pourront aider leurs consoeurs moins favorisées par la vie. 
« Transgenre, jeune, enceinte, âgée (...) On prend la femme où elle est », explique Éthel Côté qui observe que « la pauvreté se féminise », se diversifie et augmente. « Tant mieux pour les femmes d'avoir un lieu comme le nôtre, mais c'est triste de voir que la pauvreté affecte plus de personnes. On l'entend dans les banques alimentaires que les files d'attente sont toujours plus longues, mais nous, on le voit aussi dans notre service. »