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Rassemblement de solidarité envers Le Droit [VIDÉO]

Des voix des deux côtés de la rivière des Outaouais se sont unies mercredi soir à Gatineau pour souligner à triple trait l’importance de la presse régionale et la valeur inestimable du quotidien Le Droit pour informer la population francophone de l’Outaouais et de l’Est ontarien.

Quelque 200 personnes ont répondu à l’appel de la section outaouaise de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) en participant à un rassemblement de solidarité envers le journal au bistro Le Troquet, dans le Vieux-Hull.

De nombreux artisans du Droit, des journalistes d’autres médias de la région, des politiciens des trois paliers de gouvernements, des citoyens et des gens d’affaires étaient présents en appui au quotidien fondé au printemps 1913 dont la survie est menacée en raison des difficultés financières du Groupe Capitales Médias (GCM) qui s’est récemment placé sous la protection de la Loi sur l’insolvabilité et la faillite.

Le président et éditeur, du Droit, Pierre-Paul Noreau, s’est dit très heureux de voir le souci des gens envers « ce journal précieux qu’est Le Droit », et à l’endroit de la campagne Je soutiens mon journal de la FPJQ.

« Si vous êtes ici, c’est parce que vous partagez une conviction, la conviction que l’information de qualité, l’information fouillée, ce n’est pas un luxe, ce n’est pas une mode. Ce n’est peut-être pas aussi vital que de respirer ou de manger, mais quand on est privé d’une information de qualité, on est moins libre, on est plus vulnérable », a entre autres indiqué M. Noreau, saluant au passage les artisans du Droit et mentionnant que « personne dans sa gang n’a baissé les bras » malgré la crise qui secoue l’entreprise.

Le grand patron du quotidien basé à Ottawa a insisté pour dire que les médias ont droit à un soutien financier au même titre que les industries de l’automobile et de l’aérospatiale.

« Ce qu’on apporte est précieux. Ce qu’on apporte est essentiel, a-t-il fait valoir. Pour la région ici, je ne peux m’imaginer le vide que laisserait la disparition du Droit. Et c’est pour ça que, comme le reste de ma gang, on se fend en quatre pour trouver une solution. Il y a des solutions sur la table, et on est résolument optimistes. On a confiance que ça va se passer ».

L’ancien éditeur du Droit, Pierre Bergeron, a animé le 6 à 8. Le président du Syndicat des travailleurs de l’information du Droit, Patrick Duquette, a aussi pris la parole, tout comme le maire suppléant de Gatineau, Pierre Lanthier.

« C’est important qu’on soutienne Le Droit. Au conseil municipal, l’ensemble des conseillers, le maire, tout le monde est d’accord pour soutenir notre quotidien, a précisé M. Lanthier. Vous couvrez beaucoup le conseil municipal, parfois vous êtes un peu durs sur nous, mais on l’accepte », a continué le politicien, un commentaire qui a fait rigoler des gens présents.

Luttes franco-ontariennes

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, a fait un vibrant plaidoyer sur l’importance du Droit dans les nombreuses luttes des communautés franco-ontariennes depuis sa fondation.

« Si pour les gens du côté québécois de la rivière, Le Droit s’avère un excellent moyen de s’informer, pour nous, de l’autre côté de la rivière, c’est plus que ça encore. C’est notre journal de lutte. C’est notre seul quotidien francophone de l’Ontario, et Le Droit a été de toutes les luttes avec la francophonie ontarienne », a souligné M. Jolin, énumérant notamment l’obtention des écoles et de la gestion scolaire, les collèges, l’Hôpital Montfort et les « petits désagréments » avec le gouvernement Ford.

« Le gouvernement Ford s’était dit qu’il pouvait abolir le dossier de l’Université de l’Ontario français (UOF), prendre les employés du Commissariat aux services en français et les mettre sous l’égide du Bureau de l’ombudsman. Ça a été une bataille, et Le Droit a joué un rôle extrêmement important à rallier la communauté. On en a eu la preuve parce que le 1er décembre (2018), il y avait 5000 personnes à Ottawa qui protestaient et qui disaient au gouvernement de se réveiller puisqu’il y a des francophones en Ontario et qu’on ne doit pas toucher pas à nos droits linguistiques », a raconté M. Jolin, tout en précisant que le dossier de l’UOF progresse, et appelant la population à se rallier derrière Le Droit.

Des rassemblements de solidarité ont aussi eu lieu à Saguenay, à Sherbrooke, à Granby et à Trois-Rivières tandis qu’un autre aura lieu prochainement à Québec. La directrice générale de la FPJQ, Catherine Lafrance, a qualifié de cruciale l’importance du mouvement de solidarité envers la presse régionale.

« Nous allons tout faire à la FPJQ pour que non seulement ces journaux survivent, mais pour que la presse écrite, comme tous les secteurs de l’information, se retrouve en situation de prospérité. Il n’y a aucune raison qu’au Québec nous n’ayons pas une presse en santé », a affirmé Mme Lafrance.