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Rapport de la vérificatrice générale de l’Ontario: des services funéraires usent de tactiques pour tromper leurs clients

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
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TORONTO — Des maisons funéraires et des propriétaires de cimetières et de services crématoires renseignent de façon trompeuse les familles endeuillées.

Pour donner un aperçu du fonctionnement de l’industrie des services funéraires et pour comprendre les défis que doivent affronter les familles en deuil, la vérificatrice générale de l’Ontario, Bonnie Lysyk, a organisé des visites mystères chez 100 exploitants autorisés de maisons funéraires, de services de transfert, de cimetières et de crématoriums. 

Ces faux clients ont fait l’objet de pression ou ont reçu des renseignements trompeurs de la part de la moitié des exploitantes visés par l’échantillon, indique la vérificatrice dans son rapport. 

Lorsque ces clients mystère se sont renseignés sur le coût d’une crémation de base auprès de 70 exploitantes, les prix variaient de 512 $ à Windsor à un sommet de 8 000 $ à Toronto, souligne Mme Lysyk.

Cette dernière a aussi révélé qu’il n’existe pas de normes au sein de cette industrie sur les forfaits, les frais, les acomptes et les politiques d’annulation. 

Par ailleurs, l’Ontario n’exige pas que les maisons funéraires et d’autres exploitants divulguent leurs tarifs en ligne, contrairement à d’autres états comme la Californie. 

« Il est donc difficile pour les familles de comparer les prix et de prendre des décisions éclairées rapidement lorsqu’un être cher décède. »

La vérificatrice générale de l'Ontario, Bonnie Lysyk

Des cimetières sans permis

Ce ne sont pas tous les cimetières de la province qui renouvellent leur permis chaque année.

Ils sont pourtant tenus de le faire auprès de l’Autorité des services funéraires et cimetières de l’Ontario.  

En août 2020, parmi les 2 368 cimetières de la province, 277 exerçaient leurs activités sans avoir renouvelé leur permis. 

Parmi les récalcitrants, 207 n’avaient pas renouvelé leur permis ni déposé d’autres rapports requis auprès de l’Autorité depuis sa création en 2016. 

Tape sur les doigts du ministère de l’Environnement

Le ministère de l’Environnement a lui aussi failli à l’un de ses devoirs, a dévoilé dans son rapport la vérificatrice générale Bonnie Lysyk.

Selon elle, le ministère « n’a pas suffisamment surveillé les émissions atmosphériques des crématoriums pour confirmer que ces activités n’ont pas d’incidence négative sur la santé publique et l’environnement ». 

Elle note qu’il s’agit là d’une préoccupation grandissante puisque le pourcentage de personnes décédées en Ontario qui ont été incinérées a augmenté graduellement en passant de 60 % en 2011 à entre 65 % et 70 % en 2019.

Dans son audit, la vérificatrice générale conclut que l’Autorité des services funéraires et cimetières de l’Ontario « doit faire davantage pour protéger les consommateurs qui achètent ces services essentiels ».