Il y a moyen, selon Marc Godin et ses partenaires, de préserver une partie de ce patrimoine industriel, mais aussi d'améliorer la sécurité du site et de redonner toute sa splendeur au patrimoine naturel que représente les rapides.

Rapides Deschênes: concilier sécurité, patrimoine et sport

Les amants du kayak en eau vive de toute la région de la capitale nationale se mobilisent afin de proposer une solution qui ferait le bonheur de tous dans le dossier des ruines des rapides Deschênes que souhaite voir disparaître le ministère des Transport du Québec (MTQ).
Il n'est pas nécessaire de démolir la totalité des ruines, insiste Marc Godin, vice-président des Brasseurs du temps et kayakiste très impliqué dans ce milieu dans la région. Il y a moyen, selon lui et ses partenaires, de préserver une partie de ce patrimoine industriel, mais aussi d'améliorer la sécurité du site et de redonner toute sa splendeur au patrimoine naturel que représente les rapides.
« Comparativement à l'importance du patrimoine naturel vieux de millions d'années et à celle du patrimoine culturel millénaire du sentier des portageurs qui permet de contourner les rapides, ces ruines ne sont qu'un vulgaire et dangereux vestige d'une éphémère activité industrielle, dit-il. J'en suis venu à la conclusion que la majeure partie des ruines doit malheureusement partir. »
Selon M. Godin, seuls les deux pans de mur de la douve, qui sont parallèles au courant peuvent demeurer. Cette configuration, dit-il, permettrait de conserver la « vague des ruines », dont Le Droit faisait état dans son édition de mardi et dont la réputation dépasse les frontières. Elle rendrait aussi accessible tout le site des rapides pour les kayakistes moins expérimentés. « Tout ça serait possible en conservant une trace du patrimoine industriel de l'endroit », ajoute M. Godin. 
Une esquisse du projet sera bientôt présentée à la Ville de Gatineau. « Nous sommes à organiser une rencontre avec l'administration et les élus, indique M. Godin. Il faut aussi convaincre les services de sécurité et le MTQ. Notre proposition permet de répondre aux enjeux de sécurité, mais aussi aux demandes des défenseurs du patrimoine et du milieu du kayak. C'est un site extraordinaire pour ce sport. Ça pourrait devenir un endroit très fréquenté s'il était aménagé. Ailleurs, ce genre de site est éloigné. Ici, il est directement en ville. Ce serait toute une carte de visite pour Gatineau. Il y aurait assurément des retombées économiques d'un tel aménagement dont pourrait bénéficier le quartier Deschênes. »
Les pompiers ne peuvent pas intervenir
Le chef des pompiers de Gatineau ne le dit pas clairement, mais il serait rassuré de savoir que le site des ruines aux rapides Deschênes soit plus sécuritaire. 
L'endroit, dit-il, est identifié comme «zone d'exclusion» par la Ville de Gatineau. En d'autres mots, les services d'urgence gatinois ne sont pas autorisés à intervenir si quelqu'un devait se retrouver en situation d'urgence dans cette zone. 
Ils doivent faire appel aux pompiers d'Ottawa, mieux équipés et formés pour ce type de sauvetage.
«Il y a certains endroits comme ça sur le territoire de Gatineau, indique André Bonneau. Le secteur des rapides Deschênes cadre là-dedans. 
Les zones d'exclusion sont déterminées par les villes, mais les obligations qui s'y rattachent sont encadrées par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). 
«Ce sont des zones où vos services d'urgence ne sont pas équipés et formés pour intervenir, indique Pierre Turgeon, porte-parole de la CNESST. La zone dont il est question présente aussi un courant qui est très fort. Le risque est élevé. La sécurité du public doit tout de même être assurée et c'est pourquoi Gatineau doit avoir une entente avec Ottawa dans le cas où une intervention d'urgence doive avoir lieu à cet endroit.»
Le chef des pompiers de Gatineau précise qu'il revient au ministère des Transports du Québec (MTQ) de décider des actions à prendre dans ce dossier. «Je sais qu'ils ont analysé trois ou quatre options et qu'ils en sont venus à la conclusion que la structure devait être détruite», dit-il.