Raif Badawi est emprisonné en Arabie saoudite. Sa femme Ensaf Haidar et ses enfants sont établis à Sherbrooke.

Raif Badawi aurait mis fin à sa grève de la faim

Pour la première fois en environ un mois, Raif Badawi a téléphoné à son épouse cette semaine. Celui qui appelle sa femme environ deux à trois fois par semaine en temps normal l’a informée qu’il avait cessé sa grève de la faim, qu’il était sorti de l’isolement et qu’il allait bien. Mais sa femme doute de ces informations.

« J’ai senti qu’il n’avait pas l’air bien, se désole la femme de M. Badawi, Ensaf Haidar, en entrevue téléphonique à La Tribune. Je ne dis pas qu’il n’allait pas bien. C’est une impression », clarifie-t-elle. 

« Ça faisait un mois que Raif ne m’avait pas appelé, s’attriste la femme. La dernière nouvelle que j’avais eue, c’est il y a deux semaines. Ce n’est pas lui qui m’a appelée, c’est son ami qui est aussi dans la prison. »

Mme Haidar a reçu un très court appel d’un peu moins de deux minutes de son mari à 4 h du matin, dimanche. « Il m’a dit : je suis bien, je vous aime, je ne peux pas parler beaucoup, bye bye. [...] Je ne sais pas s’il est sorti de l’isolement, car s’il était sorti, il pourrait m’appeler », dit la femme, visiblement inquiète. 

Sur le compte Twitter de Raif Badawi, Mme Haidar a écrit : « Mon mari Raif Badawi m’a appelé. C’était un appel très court et précipité. Il a dit qu’il était bien, a terminé sa grève de la faim et est sorti du confinement. J’espère vraiment qu’il est bien ».

Rappelons que Raif Badawi et son avocat, tous deux emprisonnés depuis des années, ont entamé une grève de la faim pour protester contre leur mise en isolement et les mauvais traitements dont ils sont victimes à la prison de Dhahban, près de Djeddah en Arabie saoudite, il y a une douzaine de jours. 

Raif Badawi n’en est pas à sa première grève de la faim, lui qui en avait mené une autre en septembre dernier, jusqu’à ce qu’il obtienne une rencontre avec un représentant de la Commission saoudienne des droits de l’homme. Il avait également cessé de s’alimenter en juin 2016, en janvier 2016 et en décembre 2015 pour forcer la main à ses geôliers, parfois pour obtenir de telles rencontres, mais aussi, et surtout, pour obtenir ses médicaments.

Raif Badawi a été condamné à 10 ans de prison, 1000 coups de fouet, un interdit d’activité journalistique et de voyage pour 10 ans et une amende de trois millions de riyals, soit environ l’équivalent de 1,05 million $ CAN, pour avoir créé un forum en ligne afin de discuter de questions sociales en Arabie saoudite.