Un patient sur cinq qui se présente à l’urgence de l’Hôpital de Hull quitte avant d’avoir vu un médecin.

Quitter L'urgence sans voir un médecin

Un patient sur cinq se présentant à l’urgence de l’Hôpital de Hull décide de quitter les lieux avant d’avoir pu y voir un médecin, une proportion deux fois plus élevée que celle observée à l’échelle provinciale.

Des statistiques fournies au quotidien Le Soleil par le ministère de la Santé révèlent que pour la première moitié de l’année 2017-2018 (jusqu’au 14 octobre), 10 % des patients qui se pointent dans une salle d’urgence du Québec s’en vont avant d’avoir été vus par un médecin, un taux assez stable depuis 2014-2015.

Une certaine stabilité est aussi observée en Outaouais, où la proportion de départs avant prise en charge est toutefois plus élevée que la moyenne provinciale. Les statistiques régionales révèlent que près de 14 % des gens se présentant dans une urgence de l’Outaouais partent avant d’avoir pu y consulter un médecin.

L’urgence de l’Hôpital de Hull fait piètre figure. Pour la première moitié de l’année en cours, 20,1 % des patients y ont tourné les talons avant d’avoir pu être pris en charge. Sur un total de 19 156 visites enregistrées entre le 1er avril et le 14 octobre, cela représente 3842 patients.

L’Hôpital de Gatineau ne fait guère mieux, avec un taux de départs avant prise en charge médicale de 18,9 %. Suivent les urgences des hôpitaux de Papineau (14,3 %), de Maniwaki (12,2 %), de Wakefield (9,1 %) et du Pontiac (5,8 %). Les petites urgences des CLSC de Fort-Coulonge et de la Petite-Nation se démarquent avec des taux de départs avant prise en charge se situant respectivement à 4,5 % et 2,7 % pour la première moitié de l’année.

L’Outaouais présente aussi des statistiques moins reluisantes que l’ensemble du Québec pour la durée moyenne de séjour des patients ambulatoires. Cette donnée représente le temps qui s’écoule entre le triage et l’évaluation par un médecin. Jusqu’à présent cette année, les patients ambulatoires de l’Outaouais ont en moyenne attendu 4,6 heures en Outaouais, contre 4 heures à l’échelle provinciale.

« Ce sont des chiffres assez importants qui nous poussent à l’action », note le Dr Guy Morissette, directeur des services professionnels au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO).

La solution n’est toutefois pas simple, reconnaît-il. Les patients qui engorgent l’aire des civières en attendant un lit aux étages nécessitent des soins, ce qui laisse moins de temps au personnel et aux médecins pour les patients ambulatoires, dont l’état est moins sévère. D’où l’attente élevée qui fait en sorte que certains quittent l’urgence avant d’avoir vu un médecin.

Le CISSSO essaye donc de changer certaines façons de faire, notamment pour les patients qui sont gardés sur une civière de l’urgence en attendant de subir un examen le lendemain, même si leur état leur permettrait de retourner chez eux entretemps. « La dynamique, souvent, c’était que si le patient n’est pas couché sur une civière, il n’est pas passé en priorité pour un examen », explique le Dr Morissette.

Des efforts sont aussi faits pour que les patients inscrits dans un groupe de médecine familiale soient mieux informés des heures où ils peuvent y voir un médecin sans rendez-vous. L’arrivée de la superclinique Médigo, cet été, permet aussi de réorienter davantage de patients se présentant à l’urgence, souligne le Dr Morissette.