Des manifestations ont éclaté après la fermeture du chantier de la route Maniwaki-Témiscamingue en 1984.
Des manifestations ont éclaté après la fermeture du chantier de la route Maniwaki-Témiscamingue en 1984.

Quatre décennies de discorde

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
En juin 1979, le métier de draveur donnait encore de l’emploi à des centaines de travailleurs en Outaouais.

Le «Turbo de Thurso», Guy Lafleur, enregistrait une cinquième saison de suite avec au moins 50 buts avec les Canadiens de Montréal. Le député de Gatineau de l’époque, Michel Gratton, se levait pour sa part à l’Assemblée nationale pour questionner le ministre des Terres et des Forêts, Yves Bérubé, concernant le projet de chemin Maniwaki-Témiscamingue.

«J’aimerais demander au ministre s’il a pris sa décision quant au débouché de la route Maniwaki-Témiscamingue et, si oui, de nous dire et d’annoncer à la population quelle est sa décision», lançait-il lors de la période des questions du 11 juin, il y a 41 ans.

Yves Bérubé était ministre des Terres et des Forêts, en 1979.

Le ministre Bérubé confirmait alors que le gouvernement avait pris sa décision quant au tracé de chemin «du Témiscamingue jusqu’à un site situé à environ une vingtaine de milles de Maniwaki qui est un point charnière».

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Le ministre péquiste ajoutait que «quant au débouché définitif […] mes fonctionnaires sont en voie de me préparer une recommandation définitive concernant le point d’arrivée de cette route».

Le gouvernement de René Lévesque entreprendra finalement la construction de la route Maniwaki-Témiscamingue. Il mettra toutefois un terme au chantier après deux ans de travaux.

Cette décision a mis le feu aux poudres dans la Vallée-de-la-Gatineau. Des manifestations parfois houleuses ont éclaté, comme en faisait foi la Une du quotidien Le Droit du 26 avril 1984. À cela s’ajoutait la discorde dans les MRC Vallée-de-la-Gatineau concernant le lieu où la route devait sortir du bois.

En 2018, le défunt journaliste Jean Lacaille qui a couvert l’actualité de la MRC Vallée-de-la-Gatineau pendant 40 ans écrivait que c’est à la suite de pressions exercées par des politiciens et des gens d’affaires du Témiscamingue que le gouvernement a décidé de lever le pied. Ces derniers craignaient les effets néfastes de cette route pour l’économie du Témiscamingue.