La Boîte maraîchère met en marché des complexes de culture en conteneurs en misant sur la culture hydroponique.

Quand la culture en conteneurs mène à la NASA

Avec ses partenaires d’affaires, Jean Laprise, un Dolmissois d’origine, travaille sur la mise en marché d’un nouveau concept de culture maraîchère dans des conteneurs. L’idée originale, qui permet de réduire la consommation d’eau, a même suscité la curiosité de la NASA, qui souhaite trouver des façons de cultiver des aliments dans l’espace.

La semaine dernière, Jean Laprise et son équipe se sont rendus au centre spatial Kennedy, au cap Canaveral, pour présenter leur concept de culture maraîchère en vase clos à la NASA, explique l’homme qui occupe les fonctions de directeur de l’ingénierie de la Boîte maraîchère, une entreprise basée à Laval. « Nous avons été invités à participer à deux jours d’ateliers avec la NASA afin de les aider dans leurs missions qu’ils veulent faire dans l’espace, dit-il. Notre rencontre nous a permis de mieux comprendre leurs besoins pour trois prochaines missions. »

La Boite maraichère met en marché des complexes de culture en conteneurs en misant sur la culture hydroponique.

En 2021, la NASA compte faire des tests de culture en orbite autour de la Lune, avant de faire des tests sur la Lune en 2024, puis sur Mars en 2030 et l’agence rencontre actuellement plusieurs entreprises pour voir quels concepts pourraient être appliqués dans un monde sans gravité. « En apesanteur, l’air se sépare de l’eau, ce qui complique plusieurs opérations hydrauliques. Notre design serait applicable sur la Lune et sur Mars, mais la priorité demeure la planète Terre », souligne l’ingénieur agroalimentaire qui croit tellement au concept qu’il souhaite devenir actionnaire de l’entreprise au cours des prochains mois.

Des complexes agricoles… en conteneurs

Alors que des concepts de culture en conteneurs existent déjà, la Boîte maraîchère présente un nouveau concept de complexes agricoles de conteneurs, en misant sur la culture hydroponique. « Le gros avantage d’un tel complexe est l’économie d’énergie, dit-il. L’été, les producteurs en serre doivent refroidir leur complexe, et ils doivent le chauffer en hiver, alors que la culture dans un conteneur isolé évite beaucoup de frais. » À titre d’exemple, le complexe pilote de dix conteneurs installé à Laval consomme entre 60 et 100 dollars de gaz naturel en hiver, dit-il. De plus, la Boîte maraîchère utilise une lumière artificielle DEL à haut rendement énergétique reproduisant le spectre du Soleil, un concept breveté qui permet d’optimiser le rendement des plantes.

Julien Loiseau et Richard Giunta, les deux fondateurs de la Boîte maraîchère.

Pour l’instant, le complexe de Laval a permis de produire jusqu’à 5000 plants de salade par mois par conteneur, mais des tests seront effectués sous peu pour d’autres cultures, comme la fraise, les champignons, les tomates et les concombres.

Nul n’est prophète en son pays

Et une première vente a été effectuée… au Brésil, alors que le géant alimentaire Sodexho teste la productivité de deux conteneurs. « Ils veulent valider la productivité et l’efficacité et plusieurs autres commandes pourraient suivre », souligne l’ingénieur, en spécifiant que l’entreprise a soumissionné pour des complexes de 2 à 200 unités. Des projets pourraient par ailleurs déboucher dès cette année au Brésil, mais aussi au Chili, en Uruguay et dans les Caraïbes.

Jean Laprise, le directeur de l’ingénierie,  et Julien Loiseau, un des fondateurs de la Boîte maraîchère, lors de la visite de l’entreprise à la NASA, la semaine dernière.

Les conteneurs peuvent être installés à n’importe quel endroit pour faire de la culture, et ce, peu importe la qualité du sol. Si le concept intéresse Sodexho pour faire la culture près de sites miniers au Brésil, il pourrait aussi charmer des producteurs agricoles québécois qui souhaitent produire en hiver, ou encore les agriculteurs urbains, car on peut empiler jusqu’à six conteneurs de haut pour faire la culture, estime Jean Laprise. Une telle production locale permettrait de réduire les gaz à effet de serre émis pour transporter notre nourriture sur des milliers de kilomètres en hiver, ajoute-t-il.

Avis aux intéressés : un complexe de dix conteneurs coûte environ 1,5 million de dollars et l’investissement peut être remboursé en quatre ans pour la production de salade, à un prix de vente variant entre 1 et 1,50 $.