Anne-Martine Lafaille, de la direction de la santé publique du CISSSO, a donné une séance d’information sur les effets de la consommation du cannabis, mardi soir, à Gatineau.

Prudence lors de l’ingestion du cannabis

Même si la vente de produits cuisinés à base de cannabis ne sera pas légale avant encore plusieurs mois, les autorités de la santé à Gatineau préviennent les consommateurs des dangers de l’ingestion de nourriture confectionnée avec de la marijuana.

Des personnes au pays ont été hospitalisées pour surdose parce qu’elles ont mangé une trop grande quantité de muffins ou brownies au pot, impatiente d’obtenir un buzz. Dans d’autres cas, le niveau de THC dans un produit comestible était trop élevé, et inconnu du consommateur.

Or, tandis que l’effet euphorique du pot par inhalation est ressenti de cinq à dix minutes après avoir fumé pour la plupart des gens, les effets après avoir consommé un produit comestible assaisonné au cannabis peuvent se manifester seulement deux heures après l’ingestion, a souligné Anne-Martine Lafaille, agente de planification à la direction de la santé publique du Centre intégré de santé et des services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), lors d’une séance d’information sur la légalisation de la marijuana mardi soir à Gatineau.

Et, les effets du cannabis dureront beaucoup plus longtemps lorsqu’ingéré, soit de trois à six heures, comparativement à 30 minutes à deux heures à la suite de l’inhalation, a-t-elle ajouté.

Anne-Martine Lafaille, de la direction de la santé publique du CISSSO, a donné une séance d’information sur les effets de la consommation du cannabis, mardi soir, à Gatineau.

« Les gens qui en consomment (des produits comestibles) et qui ne sont pas habitués vont penser qu’ils n’en ont pas pris assez. Ils vont continuer à en manger et, finalement, quand ça frappe, il y a un effet plus fort parce qu’ils en ont consommé davantage, pensant qu’il n’y avait pas d’effet. Il faut donc faire attention lorsqu’on consomme par voie d’ingestion parce que le mode d’action est différent », a précisé Mme Lafaille.

À court terme, dans les 24 heures suivant l’inhalation de cannabis, la drogue peut avoir des effets sur la mémoire, sur l’attention et sur les capacités d’apprentissage, a indiqué Mme Lafaille. Le jugement peut aussi être altéré, a-t-elle poursuivi.

Environ 9 % des consommateurs de cannabis développeront une dépendance comparativement à 15 % pour l’alcool et 32 % pour le tabac.

La légalisation du cannabis facilitera la recherche et le développement des connaissances, entre autres pour traiter certaines maladies ou contrôler des effets secondaires à des médications.

D’autres avantages sont le contrôle de la qualité, l’encadrement de l’accessibilité du produit et la création d’emplois, a expliqué Mme Lafaille. Toutefois, l’un des défis de la marijuana est le risque associé à son mélange avec d’autres substances, comme l’alcool.

Une autre séance d’information de la Ville de Gatineau sur la consommation du cannabis, qui porte notamment sur les règles qui encadrent l’usage, les mesures de prévention et les effets de la drogue sur la santé, aura lieu le 23 octobre à la bibliothèque de la Maison du citoyen, de 19 h à 21 h.