La directrice des soins infirmiers Gail Ryan, que l’on voit ici en compagnie du Dr Daniel Tardif et de Jean Hébert, du CISSSO, n’est pas surprise par les conclusions de l’enquête du Protecteur du citoyen.

Protecteur du citoyen: «Pas quelque chose de nouveau» pour le CISSSO

Les lacunes dévoilées dans un accablant rapport du Protecteur du citoyen ne représentent «pas quelque chose de nouveau» pour les gestionnaires du réseau de la santé de l’Outaouais.

La directrice des soins infirmiers du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO), Gail Ryan, n’a pas été surprise des conclusions contenues dans le rapport du Protecteur du citoyen, rendu public vendredi, puisqu’«une démarche d’audit» des services de triage réalisée avant la visite des personnes chargées de l’enquête avait permis d’identifier «à peu près les mêmes éléments».

«Le rapport, on l’accueille dans le contexte où on est en processus d’amélioration continue de nos services», affirme Mme Ryan.

La formation — et les suivis à la formation offerte — se retrouve au coeur des mesures que le CISSSO favorise pour que les choses évoluent positivement. «Quand on fait de la formation, il ne faut pas juste le faire une fois et prendre pour acquis que c’est intégré comme pratique courante», note la directrice des soins infirmiers.

Quant à savoir s’il y a suffisamment de personnel au triage des urgences des hôpitaux de Hull et de Gatineau, Mme Ryan indique que le nombre d’infirmières est déterminé en fonction du nombre de civières. Du personnel supplémentaire est appelé en renfort quand le taux d’occupation dépasse les 100%, ce qui arrive assez fréquemment. Il arrive parfois que personne ne soit en mesure d’aller épauler les équipes en place, reconnaît cependant Gail Ryan.

Le CISSSO «croit bien» pouvoir respecter les échéanciers serrés qu’a imposés le Protecteur du citoyen dans ses recommandations. Mme Ryan estime que les deux enjeux pour lesquels une «surveillance quotidienne» devra être assurée sont le délai avant le triage initial et les réévaluations pendant l’attente. 

«S’il y a 30 personnes dans la salle d’attente, le premier enjeu va devenir la réévaluation, mais s’il y a dix ou 15 patients qui arrivent en même temps, l’enjeu va être le dix minutes [pour qu’ils soient vus au triage]», explique-t-elle.

Alors que le Protecteur du citoyen estime que le CISSSO ne respecte pas son obligation «d’assurer une prestation de services de santé sécuritaire» en ne voyant pas tous les patients au triage dans les dix minutes suivant leur arrivée, Mme Ryan juge qu’«on ne peut pas généraliser» à partir de la «photo prise dans le temps» lors de l’enquête.

Même si le Protecteur du citoyen s’est penché sur les cas de Hull et de Gatineau, le CISSSO assure que tout ce qui sera mis en place sera appliqué dans ses autres centres hospitaliers afin d’offrir «une certaine homogénéité» dans ses services.

La ministre responsable de l’Outaouais, Stéphanie Vallée, et le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, n’étaient pas disponibles, vendredi, pour commenter le rapport. L’attachée de presse de M. Barrette a toutefois souligné que la situation sera suivie «de près» avec le CISSSO.