La consignation tous les contenants à remplissage unique (CRU) de moins de 900 ml, dont les bouteilles d'eau et de jus individuelles, ne fait pas que des heureux.

Propriétaires de dépanneurs mécontents

Le projet de modernisation du programme de consigne proposé par Recyc-Québec, lequel rendrait éligible à la consignation tous les contenants à remplissage unique (CRU) de moins de 900 ml dont les bouteilles d'eau et de jus individuelles, est loin de faire l'unanimité chez les commerçants. À commencer par les propriétaires de dépanneurs indépendants, dont Michel Lalonde, qui opère un dépanneur et une station-service de Chénéville.
Jugeant le tout irréaliste, l'homme d'affaires demande au gouvernement Couillard de ne pas aller de l'avant avec de telles recommandations, de crainte que les répercussions sur son commerce soient négatives. Selon lui, non seulement les coûts d'opération seront à la hausse, mais le projet ne tient pas compte contraintes d'espace des dépanneurs, considérant qu'on prévoit qu'une telle mesure pourrait bien faire passer de deux à trois milliards le nombre de contenants consignés. 
Du même coup, Québec songerait à faire passer de 5 à 10 cents la consigne des CRU. C'est donc dire que, par exemple, si le prix affiché d'une caisse de 24 bouteilles d'eau est de 3 $, il en coûterait au consommateur 5,40 $ une fois à la caisse. 
M. Lalonde déplore le recours exclusif aux détaillants en alimentation pour la récupération de contenants sous consigne publique et croit que les dépanneurs sont les grands perdants dans ce dossier. 
« L'élargissement de la consigne est une voie à sens unique au détriment du bac de recyclage et des opérations quotidiennes des détaillants. Nous soutenons toute initiative en faveur du développement durable, comme la modernisation du programme de consignation, à condition qu'elle soit développée de façon raisonnable et qu'elle tienne compte des réalités de toutes les parties prenantes », de dire l'homme d'affaires dans un communiqué.
À son avis, même si le nouveau programme comprenait certaines avancées, les marchands ne sont pas le bon véhicule pour « supporter le caractère démesuré du projet ». 
« On crée un système à coûts nuls pour le gouvernement, mais force est de constater qu'il ne le sera pas pour les consommateurs, pour les détaillants et pour l'environnement », conclut-il.