Les prochaines décennies nous réservent des hivers moins longs et moins froids, des épisodes de pluie plus intenses et davantage de conditions favorables aux événements météorologiques extrêmes.
Les prochaines décennies nous réservent des hivers moins longs et moins froids, des épisodes de pluie plus intenses et davantage de conditions favorables aux événements météorologiques extrêmes.

Projections climatiques: portrait sombre pour la région de la capitale fédérale

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
Les prochaines décennies nous réservent des hivers moins longs et moins froids, des épisodes de pluie plus intenses et davantage de conditions favorables aux événements météorologiques extrêmes.

Un rapport commandé par la Ville d’Ottawa et la Commission de la capitale nationale (CCN) brosse un portrait plutôt gris du réchauffement climatique et de son impact sur la région de la capitale fédérale.

«Ça se peut très bien qu’on arrive à un point où ça ne sera plus faisable de maintenir la Patinoire du canal Rideau et les sentiers de ski de fond du parc de la Gatineau», note la gestionnaire des programmes de développement durable de la CCN, Geneviève Mercier.

«Il est encore trop tôt pour estimer quand cette période viendra», ajoute cette dernière.

Tant la CCN que la Ville d’Ottawa ont désormais du travail à faire pour détailler l’impact des changements climatiques anticipés.

Plus chaud, plus imprévisible

Les prévisions contenues dans le rapport commandé par la CCN et la municipalité s’appuient sur des scénarios d’émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) qui vont de modérées à élevées.


« On peut dire que si personne ne fait rien, on n’avancera jamais nulle part. »
Alain Miguelez

«Présentement, les émissions de GES sont au-dessus du niveau modéré. Pour atteindre le niveau d’émissions faible, il faudrait rencontrer les objectifs des accords internationaux, explique Mme Mercier. Ce n’est pas une tendance observée en ce moment par les experts en sciences climatiques. Il faut bien planifier afin de bien gérer les biens sous la responsabilité de la CCN.»

Selon les analyses du rapport, la température moyenne dans la région de la capitale fédérale devrait augmenter de 3,2 degrés Celsius d’ici 2050 et de 5,3 degrés d’ici 2080. Durant ces mêmes périodes, les hivers seront plus courts de 5 et 8 semaines, respectivement.

«On s’attend à ce que le moment des saisons change et à ce que les périodes de chaleur extrême deviennent plus courantes. Les précipitations devraient augmenter tant en volume qu’en intensité. […] Les conditions favorables aux événements extrêmes comme la pluie verglaçante, les tornades et les feux de forêt devraient devenir plus courantes», peut-on lire dans le rapport diffusé par Ottawa et la CCN lundi.

«Ce ne sont pas de bonnes nouvelles», concède de son côté Alain Miguelez, le gestionnaire de la planification des politiques à la Ville d’Ottawa.

La municipalité entend toutefois garder le cap pour réduire complètement les émissions de GES sur son territoire d’ici 2050.

«On peut dire que si personne ne fait rien, on n’avancera jamais nulle part. On n’est pas la seule ville ni le seul pays à le faire», lance M. Miguelez.