Procès du policier François Laurin: le verdict rendu... à Joliette

Le policier de la Sûreté du Québec (SQ) accusé de conduite dangereuse ayant causé la mort d'Éric Rompré, en 2012 à Papineauville, connaîtra son sort en janvier prochain.
Les plaidoiries dans le dossier de l'agent François Laurin se sont terminées jeudi, au palais de justice de Gatineau.
Fait rare sans être exceptionnel, le juge de l'extérieur Maurice Parent rendra sa décision à Joliette, à la fin du mois prochain.
Les disponibilités des avocates de la Couronne et de la défense, ainsi que celles du juge Parent, les empêchaient de se réunir pour le prononcé du verdict dans un délai raisonnable à Gatineau.
Les parents d'Éric Rompré résident à Repentigny, non loin de Joliette, et les avocats au dossier se sont dits disponibles pour aller rejoindre le magistrat au palais de justice de l'endroit, où il doit siéger en janvier.
Jeudi, la procureure de la Couronne, Me Geneviève Langlois, a répété que la vitesse de 180km/h qu'aurait atteinte l'agent de police, sur la route 148, était bien trop élevée, et que la victime n'avait jamais eu le temps de voir la voiture de police arriver.
Aussi, a plaidé la Couronne, l'agent n'a pas pu réagir à temps en voyant la Mazda d'Éric Rompré faire son demi-tour sur cette route provinciale, puisqu'il allait trop vite.
De son côté, l'avocate de l'agent Laurin, Me Nadine Touma, a voulu convaincre le juge que M.Rompré présentait des traces d'alcool et de métamphétamine dans son sang. Selon elle, le conducteur de la Mazda n'aurait jamais dû tenter en virage à gauche pour se rendre dans un stationnement, alors qu'il aurait pu bien voir l'autopatrouille arriver avec ses sirènes et ses gyrophares allumés.
Ces traces de toxines ne peuvent être retenues en preuve pour déterminer le comportement de la victime, selon la Couronne. «Ce serait de la spéculation», a ajouté Me Langlois.
La situation méritait, selon la défense, que l'agent file à vive allure.
L'agent de la SQ répondait à un appel de renforts pour maîtriser un homme intoxiqué qui représentait un danger pour lui-même et les autres, lors du Rockfest de Montebello.
Pendant son témoignage, l'agent Laurin a affirmé qu'il roulait 20 kilomètres à l'heure de moins que ce que prétend la Couronne.
Le 16 juin 2012, Éric Rompré, 25 ans, a été happé mortellement par la voiture que conduisait l'agent.
Selon ce dernier, la Mazda a freiné devant lui, faisant croire que le jeune conducteur voulait se ranger sur la droite pour faciliter le dépassement du policier.
L'automobiliste a plutôt fait un virage à gauche, ce qui aurait entraîné l'accident.