Thomas Harding

Procès de la MMA : locomotive et wagons avaient été inspectés le matin

La dernière inspection sur la locomotive de tête de la Montreal, Maine & Atlantic (MMA) ainsi que celle des freins des 74 wagons ont été réalisés à Farnham le 5 juillet 2013 moins de 24 heures avant la tragédie de Lac-Mégantic.

Se basant sur la fiche d’inspection de la locomotive 5017, une pièce à conviction déjà déposée devant le tribunal au procès de trois anciens employés de la MMA à la suite du déraillement ferroviaire, le directeur adjoint de la MMA confirme que l’inspection de la locomotive avait été faite à 8 h et celle des freins des wagons à 13 h

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« Tous les freins des wagons devaient être à 100 pour cent lors de l’inspection à Farnham (...) Ça n’a pas de lien avec les freins à main qui sont un peu comme le brake à bras d’un véhicule », illustre Mickael Horan, qui était le dixième témoin à la barre au procès des trois anciens employés de la MMA au palais de justice de Sherbrooke.

Thomas Harding, Jean Demaître et Richard Labrie sont accusés de négligence criminelle entre le 4 et le 6 juillet 2013 causant la mort de 47 personnes lors du déraillement ferroviaire à Lac-Mégantic le 6 juillet 2013.

En se rendant à la locomotive « au début de la clarté » à la fin de la nuit de la tragédie, M. Horan s’est assuré que la locomotive était bien sécurisée.

Il se rappelle que quatre freins à main étaient appliqués sur la locomotive 5017.

« J’ai monté dans la locomotive pour aller faire un download de la boîte noire. J’ai pris toutes les coordonnées un peu comme dans un avion. Les boîtes noires sont situées dans le nez de la locomotive. On y retrouve la vitesse du convoi, le criard, les freins, les descentes, les arrêts; tout ce qui est relié à la boîte noire va donner une indication. Ça sert à savoir s’il y a des incidents, des accidents », explique M. Horan.

Mickael Horan était au camping à Venise-en-Québec lorsque sa présence a été réquisitionnée à la suite du déraillement du 6 juillet 2013.

Il a parlé avec le contrôleur ferroviaire, puis avec un spécialiste en matière dangereuse.

« D’après moi, à ce moment-là, la grosseur de l’incident était au-dessus de mes connaissances. Cette personne avait des ressources avec les autres compagnies ferroviaires » , signale Mickael Horan.

Le directeur adjoint de la MMA, Mikael Horan, a été appelé à la barre.

Dépôt de documents

Une bonne partie de l’avant-midi de ce cinquième jour du procès, mardi, a été consacrée au dépôt de documents saisis aux bureaux de la MMA à Farnham le 25 juillet 2013.

Les policiers Michel Dufour et Nancy Laliberté de la Sûreté du Québec (SQ) ont notamment déposé divers documents reliés à la réglementation ferroviaire et relatifs à la MMA aux membres du jury.

Nancy Laliberté a saisi certains documents dans la boîte à lunch de Thomas Harding aux bureaux de la rue Victoria ainsi que les cartes de temps des employés de la MMA  les 5 et 6 juillet lors de cette perquisition.

En contre-interrogatoire, l’avocat de Jean Demaître, Me Gaétan Bourassa, a demandé au témoin Laliberté si outre ces cartes de temps, s’il y avait d’autres documents des 5 ou 6 juillet ou les cartes du temps du 4 juillet 2013.

« De mémoire, je ne me souviens pas s’il y avait les cartes de temps du 4 juillet 2013. J’ai récupéré celles du 5 et 6 juillet 2013 », a témoigné Nancy Laliberté de la SQ.

Le procès présidé par le juge Gaétan Dumas de la Cour supérieure se poursuit, mercredi, avec la suite du témoignage de Mickael Horan.

Nancy Laliberté de la Sûreté du Québec