La Fondation des Prix Michener a fait de l’ancien éditeur du Droit, Pierre-Paul Noreau, son nouveau président.

Prix Michener: valoriser le journalisme d'enquête

L’ex-président et éditeur du quotidien Le Droit, Pierre-Paul Noreau, ne cache pas que son nouveau rôle de président de la Fondation des Prix Michener viendra avec sa part de défis dans une ère de grands bouleversements pour les médias.

L’homme, qui a pris sa retraite en décembre dernier après une carrière de quatre décennies dans la presse écrite, se dit d’emblée « très honoré et flatté » par sa nomination le 9 janvier dernier à la tête de l’organisation qui chapeaute ce prix de journalisme remis chaque année depuis 1970. Il prend la relève d’Alan Allnutt pour un mandat d’une durée d’un an et demi. 

« C’est vraiment un bel honneur. Autour de la table du conseil d’administration, il y a des gens talentueux qui ont servi dans plusieurs médias. Selon moi, c’est le prix de journalisme le plus prestigieux au Canada, c’est notre Pulitzer. Il récompense le journalisme d’enquête, qui a pour objectif de servir l’intérêt public. Heureusement, il y en a encore qui se fait, permettant ainsi de dénoncer la fraude, la négligence, la mauvaise gestion, etc. Ç’a un impact extrêmement important sur la population », note M. Noreau. 

Celui-ci précise que ce ne sont pas nécessairement de grands médias qui mettent la main sur les grands honneurs. 

« L’an dernier, ce sont des journalistes du Telegraph-Journal qui l’ont remporté pour une série d’articles qui dénonçaient un manque de personnel ambulancier mettant la population à risque », note-t-il. 

En plus de poursuivre la recherche de financement, convaincre davantage de journalistes de la presse francophone de participer au concours est au nombre des objectifs personnels de Pierre-Paul Noreau. 

« Le financement est toujours un défi pour continuer à appuyer la Fondation. Évidemment, comme le monde de l’information change beaucoup, on doit améliorer nos pratiques de communication et de marketing, afin de rejoindre le plus de journalistes possible. Être parmi les finalistes au prix Michener, tu es déjà gagnant », lance-t-il. 

À une époque où les salles de nouvelles ont une taille bien plus petite qu’autrefois, croit-il que le journalisme d’enquête est en péril ? 

« On continue assurément de faire des enquêtes qui respectent les plus hauts standards, mais est-ce qu’on en fait autant ? Je ne pense pas, mais c’est logique, dans les circonstances. Les salles ne sont plus aussi grandes et riches qu’à l’époque. Sauf que des solutions, il y en a, et c’est entre autres de faire équipe entre médias. Par exemple, Radio-Canada ouvre la porte à travailler de concert avec Le Droit ou Le Devoir. Quand il n’y a pas suffisamment de ressources, mettons-nous ensemble. Aux États-Unis, il y a des initiatives comme celles-ci, pour faire avancer les enquêtes plus rapidement », affirme M. Noreau. 

La cérémonie de remise du prix Michener pour l’année 2019 aura lieu au printemps prochain à Rideau Hall. 

Comme le veut la tradition, les honneurs seront remis par la gouverneure générale Julie Payette. La date limite pour acheminer une candidature est le 21 février. 

Au fil des ans, des médias tels que La Presse, CBC/Radio-Canada, The Globe & Mail, Le Devoir et The Ottawa Citizen ont remporté le Prix Michener.