Prix Grandmaître: le bilinguisme vole la vedette

Il ne fait aucun doute que la pression s'accentue d'un cran sur le maire Jim Watson et les élus des autres paliers gouvernementaux en ce qui a trait au bilinguisme officiel de la capitale fédérale. Le sujet était sur pratiquement toutes les lèvres jeudi soir à l'occasion du 17e Gala des Prix Bernard Grandmaître organisé par l'Association des communautés francophones d'Ottawa.
Grande lauréate de l'événement, la professeure et titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques à l'Université d'Ottawa, Linda Cardinal, a été l'une de celles qui n'a pas hésité à profiter de sa tribune pour taper une fois de plus sur ce clou.
« On espère que ça se concrétisera en 2017, car on ne peut pas attendre encore 150 ans. Aux élus et futurs élus, la balle est dans votre camp », a lancé devant le parterre de 300 personnes réunis au Musée de l'aviation la récipiendaire du prix Bernard Grandmaître, estimant que le moment est idéal pour aller de l'avant car aucune crise ne fait rage. 
Selon elle, prendre une telle décision, attendue de pied ferme par des milliers de gens, « n'est pas compliqué et ne demande qu'un minimum de volonté politique ».
Linda Cardinal a mérité le Prix Bernard-Grandmaitre, jeudi, lors d'un gala qui s'est déroulé au Musée de l'aviation. Sept autres personnes ont aussi été honorées lors de cette soirée.
Très touchée d'avoir mérité les grands honneurs de la soirée, Mme Cardinal a tenu à le partager avec ses proches et ses collègues, affirmant en riant que si elle le pouvait, elle imiterait la chanteuse Adele, qui a cassé son trophée en deux lors des prix Grammys.
« C'est magnifique comme reconnaissance, car c'est la communauté qui reconnaît le travail universitaire. [...] Comme personne, comme citoyenne, comme francophone, ça vient souligner tous les efforts que je fais depuis de nombreuses années dans ma communauté », a-t-elle dit.
Les deux autres personnalités en lice pour le prix tant convoité étaient l'ex-ministre et ex-député fédéral de la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell, Don Boudria, ainsi que l'archiviste en chef de l'Université d'Ottawa et président de la Société d'histoire de l'Outaouais, Michel Prévost. 
Le prix Claudette-Boyer - Citoyen de l'année a été décerné à Claire Watier, bien connue dans le monde franco-ontarien, particulièrement dans la sphère des arts. Elle est présidente du conseil d'administration du Théâtre Trillium et siégeait auparavant au sein de celui de La Nouvelle Scène.
Quant au Laurier Jeunesse de l'année, il a été décerné à Mathilde Papillon, une élève de l'école secondaire publique De La Salle qui a confondé une organisation à but non-lucratif, Éducation écoviable PAPLEN, dont l'objectif premier est de rendre les écoles plus vertes.
La co-présidente du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) et ambassadrice étudiante de l'Université St-Paul, Geneviève Borris, s'est de son côté vu décerner le Laurier Jeune Leader de l'année. 
Le Laurier Organisme de l'année a été décerné au Centre espoir Sophie, dont la mission est d'offrir un espace inclusif pour améliorer la santé, la dignité et les conditions de vie des femmes marginalisées dans le besoin, tout cela dans la langue de Molière.
Originaire de l'Afrique du Nord mais habitant au pays depuis l'âge de 15 ans, la première femme de couleur à avoir co-présidé le RÉFO, Rym Ben Berrah, a été choisie par le jury comme Nouvel arrivante de l'année. Elle siège actuellement comme représentante de l'Est au conseil d'administration de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO).
Dans la catégorie Intervenant en éducation de l'année, les honneurs sont allés à Valérie Meilleur, une enseignante de sixième année de l'école Élisabeth-Bruyère. 
Le titre de Francophile de l'année a été attribué à Ye Ines Huang, une mère de famille membre du Conseil des parents de l'école francophone de son fils.
L'ACFO d'Ottawa a également profité de l'événement pour lancer une campagne de socio-financement liée au statut bilingue réclamé pour la capitale fédérale. Des t-shirts et des macarons sont en vente dès maintenant auprès du grand public. L'organisme a aussi annoncé qu'un grand rassemblement pour faire la promotion du bilinguisme officiel à Ottawa aura lieu dans les prochaines semaines.