Le but du programme est de diminuer la tolérance sociale vis-à-vis la violence sexuelle.

Prévention des violences sexuelles: un programme porte fruit chez les jeunes

MONTRÉAL - Des jeunes qui ont moins de préjugés sur les «rôles garçons-filles», qui comprennent mieux la notion de consentement sexuel, qui savent plus comment réagir s’ils sont témoins d’une agression sexuelle: voilà des constats positifs tirés d’une évaluation d’un nouveau programme québécois pour les élèves d’écoles secondaires visant à prévenir les violences sexuelles.

L’évaluation du programme «Empreinte» a été réalisée par les professeures Manon Bergeron et Martine Hébert, du Département de sexologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), qui ont aussi conçu les ateliers et capsules informatives avec le Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS).

Les résultats viennent d’être dévoilés.

Le but d’«Empreinte» est de diminuer la tolérance sociale vis-à-vis la violence sexuelle.

Les professeures et les spécialistes des CALACS ont conçu six ateliers pour les jeunes de secondaire 2, 3 et 4: ils touchaient à divers sujets, dont la violence sexuelle, le consentement, que faire quand un ami dévoile être victime d’une agression, le pouvoir d’agir des jeunes, l’exploitation sexuelle, la culture de l’hypersexualisation et les stéréotypes sexuels véhiculés.

Mais l’une des particularités du programme - et qui fait aussi sa force - est son approche multiniveaux, a souligné la professeure Manon Bergeron en entrevue: d’autres formations ont aussi été données aux enseignants, et des capsules vidéos ont été créées pour les parents.

Car le message de «tolérance zéro» doit être cohérent, souligne-t-elle.

L’évaluation du programme a été réalisée lors de l’année scolaire 2017-2018 dans 22 écoles du Québec.

Les constats sont positifs et les effets sont durables, a indiqué Mme Bergeron. Il y a moins de préjugés, les jeunes ont une meilleure attitude, savent mieux comment réagir et de façon générale, ils ont de meilleures habiletés de prévention et de soutien.

Empreinte est disponible partout au Québec: les écoles peuvent s’adresser au CALAC de leur région pour obtenir les formations.