Des représentants des médias ont été soumis mardi à un test de surveillance... qu’ils ont tous échoué.

Prévention de la noyade : la vigilance de mise partout près de l’eau [VIDÉO]

Il y a eu 37 noyades au Québec jusqu’à présent cette année, « 37 de trop », signale le chef de l’unité aquatique à la Ville de Gatineau, Martin Goulet.

Une de ces noyades est due à un accident de voiture au mois d’avril en Outaouais. 

Le reste est attribué à des activités récréatives sur des lacs, sur des cours d’eau et dans des piscines, a précisé M. Goulet, mardi, lors d’une activité de la Ville de Gatineau à la piscine extérieure du parc des Trembles dans le cadre de la Semaine nationale de la prévention de la noyade.

« Une trentaine de noyades aurait facilement pu être évitée simplement avec le port d’une veste de flottaison individuelle », a souligné M. Goulet.

Malgré les messages martelés depuis des années par les sociétés de sauvetage sur l’importance de porter la veste de flottaison, nombreux sont les plaisanciers qui refusent de l’enfiler.

« Ça fait 26 ans que la Semaine nationale de la prévention de la noyade existe. Ça fait 26 ans que la Société de sauvetage et la Croix-Rouge diffusent le message. Ils tapent sur le clou, le même clou depuis 26 ans. La bonne nouvelle est que le nombre de noyades est vraiment en baisse. Le message commence à passer », a expliqué M. Goulet.

Trente-quatre noyades avaient été enregistrées en date du 22 juillet l’année dernière dans la province comparativement à 37 cette année. 

La chaleur et les vacances de la construction attirent plus de monde vers les plans d’eau, accroissant ainsi les risques de tragédies évitables.

En Ontario, la Société de sauvetage rapporte 47 noyades jusqu’à présent cette année par rapport à 53 à la même date en 2018.

Vigilance

Les autorités gatinoises pressent les parents d’être constamment vigilants et de laisser les distractions comme le téléphone cellulaire de côté lorsque les enfants sont dans la piscine. 

Des représentants des médias ont d’ailleurs été soumis mardi à un test de surveillance aquatique appelé Regarde-moi, pas ton cell !, test qu’ils ont tous échoué. 

L’exercice de conscientisation à la prévention de la noyade sera d’ailleurs répété pour le reste de la semaine auprès de la clientèle de pataugeoires et de piscines publiques de la ville.

« C’est facile de perdre quelqu’un dans une piscine. Dès qu’il y a une réfraction [de la lumière dans l’eau], un mouvement de l’eau, ou qu’il y a quoi que ce soit qui vient encombrer votre vision, vous vous retrouvez dans un moment où vous ne voyez pas ou n’avez plus de contact direct avec un enfant », a partagé Aniclaude Beaudry, cheffe de l’unité aquatique estivale à la Ville de Gatineau.

Les noyades surviennent en quelques secondes, rappelle-t-on.

« Un enfant qui n’a aucune habileté aquatique peut submerger dans l’eau en 10 à 20 secondes. C’est très, très rapide. On se tourne pour répondre au téléphone, et lorsqu’on revient l’enfant peut déjà être sous la surface. Une fois qu’il est sous la surface, c’est clair qu’on n’entend plus rien. Il n’y a pas d’eau qui éclabousse, pas de cris. C’est très sournois et très rapide la noyade », a indiqué M. Goulet, précisant que près d’une noyade sur cinq au Québec survient à la maison, soit dans le bain, dans le spa ou dans la piscine résidentielle.

« Si le parent est à une distance d’un bras ou plus, on accroît les risques », a-t-il illustré.

Même une personne bonne en natation n’est pas à l’abri d’une tragédie. 

L’eau froide ou un lieu aquatique inconnu peut augmenter la sensation de panique et mener à la noyade.

En Ontario, de 2011 à 2015, la Société de sauvetage précise que 43 % des noyades se sont produites dans les lacs ou les étangs comparativement à 11 % dans les piscines et 22 % dans les rivières. 

Les noyades en milieu supervisé par un surveillant-sauveteur représentent moins de 1 % des tragédies. Seize pour cent des noyades sont survenues dans des baignoires.

Statistiques

  • 70 % des noyades ont lieu dans les lacs et les rivières au Québec
  • 83 % des personnes qui se noient sont des hommes au Québec
  • 65 % des noyades se produisent de mai à septembre en Ontario
  • 91 % des noyades d’enfants se produisent en raison d’absence de supervision ou de supervision distraite au Québec