La Société de transport de l’Outaouais pourrait être contrainte de sabrer ses services en 2021 si les gouvernements ne lui viennent pas en aide.
La Société de transport de l’Outaouais pourrait être contrainte de sabrer ses services en 2021 si les gouvernements ne lui viennent pas en aide.

Pressions financières dues à la COVID-19 : la STO pourrait sabrer des services en 2021

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
La Société de transport de l’Outaouais (STO) pourrait être contrainte de sabrer ses services en 2021 si les gouvernements ne lui viennent pas en aide.

La baisse de l’achalandage et les mesures d’hygiène mise en place en lien avec la COVID-19 continuent d’avoir des répercussions importantes pour les coffres du transporteur, a indiqué la présidente de la STO, Myriam Nadeau, jeudi, lors de la réunion du conseil d’administration de la Société. Le niveau d’achalandage dans les autobus du 1er janvier au 31 juillet a atteint 53 % de celui de 2019.

«La modulation de l’offre de service combinée à notre plan de réduction des dépenses nous permettra de sauver plus de 10,8 millions $ d’ici la fin de l’année. Malgré cela, la réalité demeure difficile et nous estimons que d’ici la fin de l’année les pertes de revenus de la STO devraient se chiffrer à plus de 25 millions $», a expliqué Mme Nadeau.


« Si la STO devait se conformer à toutes les exigences du programme, il faudrait réduire l’offre de service de façon importante, et en bout de ligne c’est la clientèle qui en ressentira les effets néfastes. »
Myriam Nadeau

Le programme d’aide d’urgence au transport collectif des personnes de 400 millions annoncé par Québec plus tôt cet été prévoit une compensation pouvant aller jusqu’à 50 % des pertes de revenus entre le 1er avril et le 31 décembre 2020. Ceci implique que la STO, comme les autres sociétés de transport au Québec, devra assumer l’autre 50 %, ainsi que des coûts supplémentaires liés à la pandémie, a précisé Mme Nadeau.

«Dans sa forme actuelle, le programme d’aide exige de couper dans les dépenses sans toucher au service à la clientèle, ce qui relève de l’impossible», a souligné Mme Nadeau, tout en mentionnant que le programme de Québec plafonne le programme de contribution de la Ville de Gatineau à l’indice des prix à la consommation, ce qui constitue une baisse importante du financement comparativement aux années passées.

«Si la STO devait se conformer à toutes les exigences du programme, il faudrait réduire l’offre de service de façon importante, et en bout de ligne c’est la clientèle qui en ressentira les effets néfastes», a indiqué Mme Nadeau.

La STO demande donc à Québec que lui verser le plus rapidement possible les subventions de 2019 qui sont toujours à recevoir, qu’il maintienne les subventions de 2020 telles qu’elles ont été budgétées, et qu’il s’engage à tenir compte des résultats d’achalandage de 2019 pour l’octroi des subventions de 2021. 

«Même si les subventions du gouvernement et l’augmentation de la contribution de la Ville sont maintenues, nous éprouvons toujours un manque à gagner important qui nous forcerait, si le programme d’aide d’urgence n’est pas bonifié, à revoir à la baisse le niveau de service actuel en 2021», a indiqué Mme Nadeau, qui n’écarte pas une hausse des tarifs afin que la STO puisse équilibrer son budget.