Voici une vérification de l’exactitude de certaines de leurs affirmations.
Voici une vérification de l’exactitude de certaines de leurs affirmations.

VÉRIFIÉ: Qu'ont dit Trump et Biden jeudi soir?

Calvin Woodward
Associated Press
Hope Yen
Associated Press
WASHINGTON — Le président Donald Trump et son adversaire démocrate Joe Biden ont affronté des électeurs curieux jeudi soir, dans des villes différentes et sur des scènes différentes, après l’annulation du débat qui aurait dû les opposer.

Voici une vérification de l’exactitude de certaines de leurs affirmations.

ÉCONOMIE

TRUMP, répondant à une question à Miami sur les ondes du réseau NBC: «Nous avions la meilleure économie de l’histoire de notre pays».

LES FAITS: Les données démontrent que ce n’était pas la meilleure économie de l’histoire américaine.

Est-ce que plus d’Américains que jamais travaillaient avant la pandémie de coronavirus? Absolument, puisque la population avait augmenté. Le taux de chômage de 3,5 % mesuré avant la pandémie était le plus faible en 50 ans, mais le pourcentage de gens au travail ou à la recherche d’un boulot demeurait inférieur au sommet atteint en 2000.

L’économiste Paul Romer, lauréat d’un prix Nobel, a examiné la croissance économique générée par l’administration Trump plus tôt ce mois-ci. La croissance sous M. Trump était en moyenne de 2,48 % par année avant la pandémie, soit des poussières de plus que la croissance de 2,41 % atteinte sous l’administration Obama. En comparaison, la croissance économique entamée en 1982 sous la présidence de Ronald Reagan était en moyenne de 4,2 % par année.

Donc M. Trump se trompe.


FRAUDE ÉLECTORALE

TRUMP: «Quand je vois des milliers de bulletins de vote jetés aux ordures et qui portent tous mon nom? Je ne suis pas content.» - À Miami

LES FAITS: Personne n’a vu ça. Contrairement aux affirmations sans fondements et maintes fois répétées de M. Trump, la fraude électorale est incroyablement rare. Aucune instance de milliers de bulletins envoyés aux poubelles n’a été rapportée cette année.

M. Trump cite une poignée de bulletins militaires en sa faveur mis aux ordures en Pennsylvanie comme preuve d’un complot pour voler l’élection. Il omet toutefois les détails: les responsables locaux expliquent que les sept bulletins, et deux bulletins non dépouillés, ont été accidentellement jetés par un sous-traitant dans un bureau électoral dans un comté républicain, et que les responsables ont été rapidement informés.

Aucun problème majeur n’a jamais été rapporté dans les cinq États qui utilisent couramment le vote par correspondance.


CRIMINALITÉ

BIDEN, répondant à des questions à Philadelphie sur les ondes d’ABC: «(La loi) elle-même ne prévoyait pas de peines obligatoires, sauf pour deux choses, elle disait trois prises et tu es mort, et c’est pour ça que j’ai voté contre.»

LES FAITS: C’est trompeur. Il sous-représente l’impact de la loi et le rôle qu’il a joué dans son adoption.

M. Biden a rédigé et voté en faveur de cette vaste loi sur la criminalité en 1994. La loi prévoyait notamment des fonds pour plus de prisons, un recours accru à la peine de mort fédérale et des peines obligatoires pour ceux qui commettaient trois crimes violents - ce qu’on a appelé ‘les trois prises’.

Il a bien dit que la règle de trois prises était «dingue» à un moment, même s’il aidait à rédiger la loi. Peu importe ses hésitations concernant certaines mesures, il a éventuellement voté en faveur de la loi, y compris les trois prises. À l’époque du «Black Lives Matter», cette loi est perçue comme un outil répressif du système de justice.


MILITAIRES

BIDEN à Philadelphie, concernant les soldats américains déployés en Afghanistan: «En passant, ils ont plus de gens (en Afghanistan) que quand je suis parti.»

LES FAITS: Pas du tout.

Les États-Unis comptent actuellement environ 5000 militaires en Afghanistan. Il n’y en a jamais eu moins de 8400 sous Barack Obama. Il y en avait environ 8500 pendant les premiers mois de la présidence Trump.

Il y avait 100 000 soldats américains en Afghanistan en 2010, quand M. Obama a pris le pouvoir. Il en a rapatrié des milliers pendant ses deux mandats, mais il a été incapable de respecter sa promesse d’abaisser le nombre à 5500 vers la fin de sa présidence.


CORONAVIRUS

TRUMP: «Tout récemment ils ont dit que 85 % des gens qui portent des masques l’attrapent, donc... c’est ce que j’ai entendu et c’est ce que j’ai vu.» - À Miami. Il a répété la même chose sur les ondes de Fox et lors d’un événement à Greenville, en Caroline du Nord.

LES FAITS: Il déforme complètement les conclusions de l’étude. L’étude qu’il cite, et qui a été réalisée par les Centers for Disease Control and Prevention, n’a pas conclu que 85 % des gens qui portent un masque attrapent la COVID-19. Si c’était le cas, la majorité des Américains seraient infectés.

L’étude dit quelque chose de tout à fait différent: que 85 % du petit groupe de patients infectés qui ont été interrogés - un groupe d’environ 150 personnes - ont déclaré qu’ils avaient porté un masque souvent ou toujours dans la période où ils auraient été infectés.

L’exposition des membres du groupe à des personnes potentiellement infectées variait. La plupart ont déclaré s’être rendus faire des achats ou s’être trouvés à la maison avec plusieurs personnes. Mais ils étaient deux fois plus susceptibles d’avoir mangé dans un restaurant - où les masques sont mis de côté pendant le repas - que les personnes non infectées d’un groupe témoin.

La plupart des études ont montré que le port du masque réduit la transmission du virus en bloquant les gouttelettes respiratoires. Plusieurs études ont également montré que les masques pouvaient offrir une certaine protection aux personnes qui les portent.

Les résultats ont été publiés dans un rapport hebdomadaire des CDC sur la morbidité et la mortalité, rendu public le mois dernier.


TRUMP, réagissant à l’annonce que des membres de la campagne Biden-Harris ont été infectés par le virus. «Nous leur adressons nos meilleurs voeux, ce qui est plus que ce qu’ils ont fait pour moi, mais c’est correct.» - Lors de l’événement de Greenville.

LES FAITS: C’est faux.

Quelques heures après que M. Trump eut annoncé dans la nuit du 2 octobre qu’il avait contracté la COVID-19, M. Biden et Mme Harris ont tous deux envoyé leurs voeux de prompt rétablissement sur Twitter.

«Jill et moi envoyons nos pensées au président Trump et à la première dame Melania Trump pour un rétablissement rapide», a écrit M. Biden. «Nous continuerons de prier pour la santé et la sécurité du président et de sa famille.»

Mme Harris a gazouillé un message similaire souhaitant «au président Trump et à la première dame un rétablissement complet et rapide. Nous les gardons, eux et toute la famille Trump, dans nos pensées.»

L’équipe de M. Biden avait également annoncé à cette occasion qu’elle cesserait de diffuser des publicités négatives visant M. Trump, et le candidat démocrate avait écrit sur Twitter que ça ne pouvait pas être «un moment partisan». Le camp Biden a repris ses publicités lorsque M. Trump est sorti de l’hôpital.

Au moins trois personnes liées à l’équipe de campagne démocrate ont été déclarées positives au coronavirus, et Mme Harris a suspendu tous ses événements en personne jusqu’à lundi.