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Près des deux tiers des personnes noires souffrent de symptômes de dépression sévère au Canada, selon une étude de l’Université d’Ottawa.
Près des deux tiers des personnes noires souffrent de symptômes de dépression sévère au Canada, selon une étude de l’Université d’Ottawa.

Près des deux tiers des Noirs souffrent de dépression, selon une étude

Louis-Denis Ebacher
Louis-Denis Ebacher
Le Droit
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Près des deux tiers des personnes noires souffrent de symptômes de dépression sévère au Canada, selon une étude de l’Université d’Ottawa.

Les travaux de recherche du professeur Jude Mary Cénat révèlent de troublantes statistiques sur la santé mentale liée à la discrimination raciale.

Les résultats de cette étude ont été publiés le 5 mai dans la revue Depression and Anxiety. On y apprend que 65% des 846 personnes noires ayant répondu aux questions de l’équipe de recherche vivent avec des symptômes de dépression sévère.

Une forte majorité des personnes noires aux prises ayant affirmé souffrir de tels symptômes sont des femmes,

«La prévalence des symptômes chez les personnes noires est presque six fois plus élevée que celle observée en douze mois dans la population en général», explique Jude Mary Cénat, professeur adjoint à l’École de psychologie de la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa.

Presque toutes les personnes ayant fait l’objet de discrimination raciale ont confié aux spécialistes qu’ils vivaient des difficultés liées à des troubles dépressifs.

Le phénomène est toutefois plus aigu chez les femmes, les personnes sans emploi et les personnes nées au Canada.

L’étude confirme l’existence d’un lien important entre la discrimination raciale et les symptômes dépressifs. «Les politiques canadiennes qui ne tiennent pas compte de la couleur de la peau pourraient renforcer accidentellement la discrimination et provoquer des effets délétères sur la santé mentale», poursuit le professeur Cénat.

Selon un extrait de la revue Depression and Anxiety, ces conclusions observées au Canada «sont conformes aux études antérieures (faites) aux États-Unis».

Les victimes de discrimination raciale seraient 36 fois plus susceptibles de recevoir un diagnostic de dépression sévère, par rapport aux autres ayant signalé un niveau de discrimination plus faible, mentionne M. Cénat.

La publication des résultats coïncide avec la Semaine la santé mentale, qui se termine le 9 mai.

En plus de s’intéresser à la prévalence de la dépression chez des personnes issues des communautés noires au Canada, le professeur Cénat étudie l’insomnie et le risque accru de troubles mentaux graves chez les travailleurs de la santé pendant la pandémie COVID-19.