Des scientifiques ont publié la toute première image d’un trou noir dans une galaxie lointaine.

Première image d’un trou noir: un exploit technique impressionnant

MONTRÉAL — Des scientifiques ont publié la toute première image d’un trou noir dans une galaxie lointaine.

Les astronomes ont dévoilé la photo mercredi, à Washington. Ils ont rassemblé des données recueillies par huit radiotélescopes à travers le monde pour montrer la silhouette d’un trou noir supermassif.

L’équipe de chercheurs inclut Avery Broderick, un astrophysicien du Perimeter Institute de Waterloo, en Ontario, qui contribue au projet du groupe Event Horizon Telescope Collaboration. Les résultats de la recherche sont publiés dans le journal «Astrophysical Journal Letters».

«C’est d’abord un exploit technique impressionnant par la nature même d’un trou noir. Un trou noir, c’est quelque chose qui n’émet pas de lumière, qui a tendance à manger de la lumière. Donc pour pouvoir le voir, c’est très difficile», a souligné Olivier Hernandez, astrophysicien et directeur du Planétarium Rio Tinto Alcan.

«La quantité d’informations reçues par chaque télescope frôle les petaoctets (...) C’est tellement énorme, la quantité de données, qu’on n’est pas capable de la passer à travers internet parce que ça prendrait des années et des années avant de les transférer.»

L’image ressemble à un oeil brillant. Une astronome impliquée dans la recherche, Jessica Dempsey, a expliqué qu’il s’agit d’un anneau de lumière vive qui lui rappelle le puissant oeil de Sauron, dans la trilogie du «Seigneur des Anneaux».

«(C’est un) trou noir très très massif, on s’aperçoit qu’il fait 6,5 milliards de fois la masse du Soleil, ce qui est énorme. Le trou noir de notre propre galaxie, on pense qu’il fait 4 millions de fois la masse du Soleil», a expliqué M. Hernandez.

Rien, pas même la lumière, ne s’échappe des trous noirs supermassifs. Ce sont des «monstres» aspirant la lumière de l’Univers, théorisés par Albert Einstein il y a plus d’un siècle et confirmés par des observations effectuées pendant des décennies.

Selon M. Hernandez, cette découverte permettra de raffiner la théorie des trous noirs, notamment sur leur formation et leur durée de vie.

«On va pouvoir essayer de comprendre, par exemple, ce qu’il y a de l’autre côté d’un trou noir. Est-ce que la lumière disparaît dans la singularité? Est-ce qu’un trou noir, c’est un trou de verre ou une fontaine blanche?», a-t-il illustré.