Marcel Groleau

Pour se débarrasser des pesticides, Ottawa doit investir dans la recherche

Portés par de récents reportages accablants sur l’usage des pesticides, les agriculteurs québécois espèrent convaincre le gouvernement fédéral d’investir dans la recherche pour trouver des solutions de remplacement viables à ces produits.

D’ailleurs, il faut que le fédéral investisse en agriculture, sinon «le Canada va être déclassé» par rapport aux autres pays producteurs, a fait valoir Marcel Groleau, le président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA). Il était à Ottawa mardi, avec ses collègues de la Fédération canadienne de l’agriculture, dont il est aussi directeur.

La Fédération a lancé mardi une campagne pour sensibiliser les politiciens fédéraux - tous partis confondus - à l’importance de l’agriculture comme force économique, en vue des prochaines élections fédérales.

M. Groleau dit que le gouvernement doit injecter des fonds pour que la production agricole reste compétitive.

Il souligne d’ailleurs que le budget fédéral dans ce portefeuille est passé de 5,4 milliards $ en 2003-2004 à 2,7 milliards $ dans le plus récent énoncé économique, une baisse notable.

«Devant les guerres commerciales qui se dessinent (...) le Canada doit être présent autant que les États-Unis actuellement pour soutenir son secteur agricole», a-t-il dit.

Si ce n’est pas le cas, «c’est sûr qu’à terme on risque d’être déclassés».

Au Québec notamment, la pression se fait sentir pour améliorer les pratiques en ce qui a trait à la diminution des gaz à effet de serre et à l’utilisation de pesticides, soutient M. Groleau. Il indique que la recherche est essentielle pour que les producteurs puissent répondre aux exigences de la population envers une agriculture plus verte.

Il est d’avis que les récents reportages des médias sur les pesticides ont sensibilisé la population et leur donnent une poignée pour convaincre le gouvernement et les producteurs de se préoccuper de cet enjeu.

«Ça joue sur les deux tableaux, dit M. Groleau. Je pense que les consommateurs sont conscients qu’on ne peut pas arrêter demain matin d’utiliser ces produits-là. (...) Même si de plus en plus d’agriculteurs pratiquent l’agriculture biologique, il reste que pour certaines productions et certaines tailles d’entreprises, ces produits-là sont nécessaires.»

On souhaiterait ne plus s’en servir du tout, tranche-t-il. Mais pour cela, «il faut faire de la recherche et offrir aux producteurs des alternatives fiables et rentables» pour que les denrées alimentaires restent à des prix acceptables pour les consommateurs.

Et si cet objectif se réalise, on va se positionner avantageusement au niveau international, soutient le président général de l’UPA.

La Fédération canadienne de l’agriculture a rappelé mardi l’importance du secteur agroalimentaire, qui fournit aux Canadiens 2,3 millions d’emplois et a généré un PIB de 112 milliards $ en 2016.