À Mansfield-et-Pontéfract, le pont Marchand tenait bon, alors que le fort courant n'était qu'à deux pieds de l'atteindre.

Pontiac «collabore bien»

Les Pontissois inondés ont, dans la grande majorité, accepté de quitter leurs propriétés et de suivre les conseils insistants des autorités municipales, lundi.
Plusieurs étaient récalcitrants de quitter leur foyer, mais la police de la MRC des Collines et le maire de Pontiac, Roger Larose, semblent les avoir convaincus que leurs biens seraient surveillés pendant leur absence.
«Ça collabore bien, ce matin (lundi)», a déclaré le porte-parole de la municipalité, Dominic Labrie.
Les 175 évacués de la municipalité de Pontiac ont pu trouver un autre toit, que ce soit chez un proche, ou dans un hôtel de la région, avec l'aide de la Croix-Rouge. «Si on manque d'endroits, nous avons prévu 60 lits dans les écoles et les centres communautaires.»
En début de journée, un convoi de l'armée est arrivé sous la neige, à la sablière de Mansfield-et-Pontefract. Les soldats du 22e Régiment de Valcartier ont répété l'opération «sac de sable» pour monter des digues aux abords des bâtiments, toujours menacés malgré la stabilisation de la rivière des Outaouais.
Le pont Marchand, à Mansfield-et-Pontefract, était fermé. La structure de bois enjambant la rivière Coulonge, construite en 1898, est classée «monument historique. » Elle tenait bon, alors que le fort courant n'était qu'à deux pieds de l'atteindre. Par ailleurs, l'usine de traitement des eaux était dans un état moins critique que la veille, grâce à la stabilisation de la crue printanière.
Pour ajouter à cette journée folle du 8 mai, une fine couche de neige s'est accumulée en avant-midi sur le Pontiac.
L'île de la juge Gibault
Juge à la retraite, Nicole Gibeault ne chômait pas, lundi, alors que son terrain du Pontiac était devenu une île.
Juge à la retraite, Nicole Gibeault ne chômait pas, lundi, alors que son terrain du Pontiac était devenu une île. « Mais je pense qu'on va la sauver », a dit l'ancienne magistrate, entre deux chargements de sacs de sable. La justice ne fait aucune discrimination, comme la rivière des Outaouais, qui, elle, ne cesse de donner du fil à retordre aux riverains depuis plusieurs jours. « C'est fini pour mes voisins, dit-elle. Ils sont partis. Mais ici, je pense qu'on va réussir à l'avoir. Ma maison est maintenant sur une île au milieu de la place ! » Mme Gibault s'est dite impressionnée par l'aide qu'on lui apporte depuis la fin de semaine. Ses voisins, qui ont dû quitter leur demeure, se sont tournés vers elle, qui a encore espoir de chasser l'eau de sa propriété. « Des chaînes humaines... C'est assez beau. Les gens se disent : "Bon, nous, c'est fini. On va aller sauver la maison d'à côté si on peut". Ce qui énerve ce matin (lundi), ce sont les vagues. Une chose est certaine, tout le paysagement est détruit. C'est défoncé. » Si l'eau continue de monter, mardi, les dernières résidences riveraines seront aussi perdues, dans les environs de Pontiac.