Politique

Sondage Mainstreet: les libéraux en avance

Les libéraux de Justin Trudeau obtiendraient « une majorité considérable » aux Communes si des élections générales avaient lieu aujourd’hui, révèle un sondage Recherche Mainstreet.

L’enquête sur les intentions de vote menée du 30 octobre au 7 novembre 2018 dans les dix provinces auprès de 7961 adultes indique que le Parti libéral du Canada (PLC) récolterait la faveur de 39,3 % des électeurs décidés et enclins, une infime baisse de 0,1 point de pourcentage par rapport au sondage effectué par Mainstreet en juillet dernier. Il s’agit d’un résultat presque équivalent à celui obtenu lors des élections générales d’octobre 2015 alors que le PLC avait eu 39,5 % des suffrages exprimés.

À moins d’un an des élections générales de 2019, ce coup de sonde, qui a été offert à Groupe Capitales Médias en exclusivité chez les médias francophones, donne au Parti conservateur du Canada (PCC) d’Andrew Scheer 34,6 % d’appui chez les électeurs décidés et enclins, une baisse de 2,3 points de pourcentage par rapport à juillet. L’écart entre les libéraux et les conservateurs est donc de 4,7 points de pourcentage.

Les néo-démocrates (NPD) de Jagmeet Singh obtiennent 10,8 % de la faveur populaire (-1 point) tandis que le Parti vert d’Elizabeth May récolterait 6,8 % des voix, toujours chez les personnes décidées et enclines. Le Parti populaire de Maxime Bernier obtient 3,8 % d’appui alors que le Bloc québécois recueillerait 14,4 % des votes au Québec. Le sondage a une marge d’erreur de +/- 1,09 %, 19 fois sur 20.

Les libéraux dominent dans toutes les régions du pays, indique le sondage, sauf en Alberta et dans les Prairies. Au Québec, le PLC recueille 41,4 % des appuis comparativement à 19,6 % pour les conservateurs, 12,1 % pour le NPD et 4,1 % pour le Parti populaire.

Affaires

Trudeau veut développer le commerce avec l'Asie

SINGAPOUR — Le premier ministre Justin Trudeau a milité mardi en faveur de liens commerciaux plus étroits entre le Canada et l’Asie.

S’adressant à des investisseurs canadiens déjà présents dans la région et à des entreprises asiatiques qui lorgnent du côté du Canada, M. Trudeau a cherché à présenter le Canada comme une oasis de stabilité sociale, politique et économique dans le monde.

Il a notamment fait valoir la facilité avec laquelle les spécialistes technologiques les plus talentueux peuvent obtenir un visa, comparativement aux États-Unis.

Il s’agissait du premier événement auquel participait le premier ministre depuis son arrivée à Singapour. Les libéraux espèrent profiter de cette visite pour développer des échanges commerciaux plus libres avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE).

De nombreux membres de l’ANASE ont des classes de consommateurs en expansion et des taux de croissance démographique élevés par rapport au reste du monde.

Ensemble, les membres de l’ANASE - les Philippines, l’Indonésie, Brunei, Singapour, la Malaisie, la Thaïlande, le Vietnam, le Laos, le Cambodge et la Birmanie - comptent près de 650 millions d’habitants, une économie combinée de 2,8 billions $ US et constituent déjà le sixième plus important partenaire commercial du Canada.

«Nous discuterons de notre potentiel avec l’ANASE et continuerons à chercher à obtenir davantage d’occasions commerciales», a déclaré M. Trudeau lors de la table ronde.

«Cependant, comme vous le savez bien, un accord commercial n’est pas automatiquement tout ce que vous avez à faire pour améliorer vos relations commerciales. En réalité, le vrai travail commence après la signature des documents et consiste à établir des relations, les liens, la construction de l’installation et l’évolution des mentalités: amener les entreprises canadiennes à prendre conscience des possibilités de partenariat et d’investissement que nous avons dans le monde.»

Ouverture et repli

Des recherches sur les petites et moyennes entreprises montrent que de nombreuses entreprises canadiennes se développent en Asie et s’implantent dans la région avant les grandes entreprises, a déclaré Lorna Wright, la directrice générale du Center for Global Enterprise de la Schulich School of Business de l’Université York.

Le problème est que les entreprises et les politiciens qui parlent d’être un partenaire dans la région se sont repliés vers le partenaire qu’ils connaissent le mieux - les États-Unis, a dit Mme Wright. Cela pose un problème pour le commerce avec l’Asie de l’Est, une région avec une culture d’entreprise basée sur les relations, a-t-elle déclaré.

«Avec le Canada qui souffle chaud et froid - cette année, nous sommes là-bas, l’année prochaine, notre économie faiblit (nous allons donc en Asie), l’économie se redresse aux États-Unis et nous repartons - ça ne fonctionne pas», a prévenu Mme Wright.

Cela laisse les libéraux à la croisée des chemins: poursuivre les négociations en vue d’un accord de libre-échange collectif avec l’ANASE, qui pourrait générer de grands avantages, mais qui prendrait des années de travail laborieux, ou convaincre les pays de l’ANASE qui ne l’ont pas encore fait de signer un accord commercial récemment ratifié sur le littoral du Pacifique, appelé Accord global et progressif de Partenariat transpacifique (CPTPP).

En bonne position

L’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, a déclaré qu’une convergence d’événements - accords commerciaux conclus entre le Canada et les pays d’Europe et des pays du Pacifique, et un accord de principe avec le Mexique et les États-Unis, tandis que le président Donald Trump lève les barrières commerciales avec d’autres pays - permet à M. Trudeau de choisir une voie ou l’autre.

«Cela place le premier ministre dans une position bien meilleure en ce sens qu’il est uniquement à l’offensive. Il est là pour dire que nous voulons faire partie de [cela], a dit M. Charest, le président honoraire du Canada-ASEAN Business Council. Ce sera présenté dans le contexte de ce monde plus vaste pour dire : “Avec tout ce qui se passe sur le front commercial, tout cela a un sens pour vous et pour nous.”»

Une étude préliminaire d’un accord commercial entre le Canada et l’ANASE a été réalisée. La conclusion d’un accord final pourrait prendre jusqu’à huit ans, selon M. Charest.

L’ANASE a de nouveau invité M. Trudeau à son sommet de l’Asie de l’Est, l’un des rassemblements les plus importants de la région. M. Trudeau est là pour la deuxième année consécutive, après être devenu l’an dernier le premier premier ministre canadien à assister à la réunion.

Le sommet de l’ANASE offre également à M. Trudeau un siège à un rassemblement régional de sécurité réunissant 18 pays, dont les États-Unis, la Chine et la Russie.

Un siège à la table de la sécurité, que les libéraux espèrent occuper en permanence, donne au Canada une voix dans les décisions concernant les tensions et les problèmes en Asie du Sud-Est qui pourraient éventuellement atteindre les côtes canadiennes, comme les pandémies.

La table de sécurité parle régulièrement de tensions avec la Corée du Nord, dont le dictateur, Kim Jong-un, a ouvert le dialogue avec le président américain Donald Trump.

Politique

Les syndiqués de Revenu Québec comptent sur la CAQ

En grève illimitée de soir et de fin de semaine, les employés de Revenu Québec sont confiants que le nouveau gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) reconnaisse leur expertise dans la lutte à l’évasion fiscale et aux paradis fiscaux.

«On s’attend à ce que les bottines suivent les babines», soumet Richard Perron, président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

Les élus de la CAQ ont plusieurs fois réclamé ces dernières années un maintien de l’expertise au sein du gouvernement, notamment en informatique. M. Perron croit que le gouvernement a «une belle occasion» de démontrer qu’il tient à cette expertise en s’entendant avec les employés de Revenu Québec. 

Plusieurs manifestations auront lieu sur l’heure du lunch dans huit villes du Québec mercredi. Les 4600 professionnels de Revenu Québec feront du bruit afin d’obtenir de meilleures conditions de travail, eux qui sont sans convention collective depuis trois ans. 

«En période de rareté de la main-d’œuvre, il est crucial que le gouvernement du Québec se donne les moyens de contrer les paradis fiscaux. Parce qu’il faut récupérer les sommes qui servent à payer nos services publics», plaide M. Perron. 

Le leader syndical explique que les équipes de comptables et d’analystes en procédés informatiques qui enquêtent sur les revenus que les grandes entreprises cachent au gouvernement développent une expertise «très pointue» qu’il ne faut pas laisser filer.  

À l’heure actuelle toutefois, ces travailleurs sont tentés de faire le saut au privé ou à l’Agence du revenu du Canada, où ils peuvent gagner un salaire jusqu’à 40 % plus élevé, selon M. Perron. «L’Agence du revenu du Québec, c’est devenu le club-école de l’Agence du revenu du Canada. Il faut arrêter cette saignée-là.»

Le président du SPGQ explique que ses membres sont «extrêmement vexés, voire insultés» de ne pas avoir obtenu ce qu’on leur avait fait miroiter en 2011, soit de meilleurs salaires que dans le reste de la fonction publique québécoise. 

Politique

Dernier adieu au patriote Bernard Landry [PHOTOS]

L’ancien premier ministre du Québec Bernard Landry a été salué comme un grand patriote et un des bâtisseurs économiques du Québec par plus d’un, à l’occasion de ses funérailles d’État, mardi à la Basilique Notre-Dame de Montréal.

«Grâce à Bernard Landry, les Québécois sont encore plus fiers d’être Québécois», a lancé le premier ministre du Québec, François Legault, à son entrée à l’église.

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Son rôle de visionnaire du développement économique, de stimulateur de l’économie pour maintenir ou créer des emplois, ses convictions indépendantistes inébranlables, sa défense du fait français, son amour des régions du Québec, sa volonté de voir le Québec s’épanouir sur la scène internationale, tous ces thèmes qui lui tenaient tant à cœur ont été tour à tour soulevés par ses proches qui ont pris la parole pendant deux heures, avant la messe proprement dite.

«Une bonne partie de la politique économique du Québec a été conçue par lui», a souligné le premier ministre Legault dans son allocution lors de ces funérailles d’État.

M. Legault a aussi relevé sa volonté de voir le Québec s’épanouir dans le concert des nations. «Il disait : “Le parti avant les hommes et la patrie avant le parti”; sage conseil que je ne vais pas oublier», a conclu M. Legault, qui a été ministre dans le gouvernement Landry.