Politique

La ministre Karina Gould revient au cabinet avec bébé dans les bras

OTTAWA - Justin Trudeau a en quelque sorte adopté un nouveau «ministre junior», mardi, en réintégrant dans son cabinet Karina Gould... et son bébé.

Mme Gould était accompagnée du petit Oliver pour son retour au bureau après son accouchement, en mars. Elle a réintégré ses fonctions de ministre des Institutions démocratiques, portefeuille détenu de façon intérimaire par son collègue du Conseil du Trésor, Scott Brison.

Le premier ministre lui a souhaité la bienvenue à l’entrée de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, mardi matin, en prenant le bébé sur son épaule et en exécutant quelques pas de course - suivi de près par la nouvelle maman.

Mme Gould est devenue la toute première ministre fédérale à donner naissance à un enfant au cours de son mandat. La conciliation travail-famille devrait toutefois lui occasionner certains soucis d’organisation, compte tenu des intentions libérales qui touchent directement son ministère.

Le gouvernement souhaite faire adopter à toute vapeur au Parlement son projet de réforme électorale, afin que les nouvelles mesures soient appliquées lors du prochain scrutin, en octobre 2019. Le Directeur général des élections s’inquiète déjà du peu de temps qu’il aura pour s’adapter aux nouvelles dispositions.

Le projet de loi prévoit de limiter la durée des campagnes électorales fédérales, de restreindre les dépenses engagées avant la campagne et de fixer de nouvelles règles pour les activités électorales des tiers partis. Le projet de loi C-76 a été déposé aux Communes le 30 avril par le ministre Brison, et il doit franchir tout le processus parlementaire avant d’être adopté.

Mais la ministre Gould se dit d’attaque, même si son rôle de mère lui laisse parfois peu de sommeil. «La fonction de ministre prépare plutôt bien au rôle de nouvelle mère», a expliqué mardi la députée de Burlington, en Ontario.

Dans un communiqué de bienvenue, M. Trudeau a rappelé que la ministre Gould «se joint aux nombreux parents canadiens qui travaillent fort chaque jour pour trouver un équilibre entre leurs responsabilités professionnelles et familiales».

Politique

Trudeau à La Malbaie mercredi pour préparer le G7

Le premier ministre canadien Justin Trudeau visitera La Malbaie mercredi dans le cadre des préparatifs à la tenue du Sommet du G7 des 8 et 9 juin.

Son cabinet confirme la nouvelle diffusée sur la page Facebook de la municipalité de Charlevoix. M. Trudeau participera notamment à une «activité communautaire» à 18h à l’école secondaire du Plateau de la rue des Cimes.

L’invitation a été lancée par le maire Michel Couturier aux résidents de la région. «Les citoyens et citoyennes sont conviés à cet événement familial dans le cadre des préparatifs au G7. Des grillades seront offertes dans une ambiance conviviale.»

Le rendez-vous est prévu sur le terrain de soccer. En cas de pluie, les participants seront reçus dans les gymnases. 

Actualités

Le Parti libéral ontarien s’attaque au budget du NPD

TORONTO - Le Parti libéral ontarien appelle le Nouveau Parti démocratique à réajuster sa plateforme électorale, au lendemain de l’admission de sa chef Andrea Horwath qu’une erreur de calcul de 1,4 milliard $ s’était glissée dans sa proposition budgétaire.

Pour Kathleen Wynne, chef libérale et première ministre sortante, la responsabilité de corriger cette erreur revient à Mme Horwath. Dans sa plateforme électorale, le NPD a inscrit un fonds de réserve de 700 millions $ dans la colonne des revenus plutôt que dans celle des dépenses.

Les chiffres ont été modifiés dans la version web du document, mais selon Kathleen Wynne, l’enjeu est plus important qu’une simple modification en ligne.

D’après Mme Wynne, la population compte sur les politiciens pour que ceux-ci mettent de l’avant un plan clair qui tient compte des impacts qu’il va entraîner.

Le NPD avait d’abord annoncé que son programme prévoyait un déficit de 3,3 milliards $ pour l’année financière 2018-2019, mais en tenant compte de l’erreur de calcul, le déficit se creuse à 4,7 milliards $.

En comparaison, le budget proposé par les libéraux prévoit un déficit de 6,7 milliards $, tandis que le Parti progressiste-conservateur n’a toujours pas présenté de plateforme chiffrée, mais reconnaît que sa première année au pouvoir serait déficitaire.

De passage dans un restaurant mexicain de Toronto, lundi, Kathleen Wynne a déclaré qu’elle ne voyait pas comment le NPD pourrait poursuivre sa campagne électorale en gardant le même programme.

«Cela vient tout changer entre ce qu’annonce la plateforme du NPD et ce qui est réalisable, alors [Andrea Horwath] devra expliquer comment elle entend aller de l’avant et l’impact qu’aura cette erreur sur l’ensemble de son programme», a-t-elle commenté.

Andrea Horwath soutient que l’erreur de calcul aura un impact sur les déficits projetés durant plusieurs années, mais son parti maintient ses dépenses promises.

«Cela ne nous empêche pas de faire ce qu’on croit être capables de faire pour aider à éliminer les «soins de santé dans les corridors» et à améliorer les soins aux aînés dans notre province», a déclaré Mme Horwath dimanche à bord de son autocar de campagne.

«Le déficit sera un peu plus gros que prévu, mais nous serons tout de même sur le chemin de l’équilibre», a-t-elle ajouté.

Politique

Le PQ veut qu'un immigrant sur quatre s'installe en région

Un gouvernement péquiste se donnerait comme objectif dans un premier mandat d'attirer un immigrant sur quatre en région.

S'il forme la majorité aux élections du 1er octobre, le Parti québécois entend ainsi inverser la tendance actuelle qui veut que 90 % des néo-Québécois s'installent dans la région métropolitaine.

Selon les informations obtenues par La Presse canadienne, un éventuel gouvernement Lisée accorderait ainsi davantage de points dans la grille de sélection des travailleurs qualifiés à une offre d'emploi validée en région, pour les inciter à faire ce choix.

Objectif : que 25 % des nouveaux arrivants s'installent ainsi en région à terme, au bout de quatre ans de mandat.

«C'est une cible réaliste», a affirmé en entrevue téléphonique lundi la députée de Marie-Victorin, Catherine Fournier, qui prendra part à une conférence de presse mardi avec son collègue Sylvain Gaudreault et son chef Jean-François Lisée, pour faire l'annonce de ces nouvelles propositions en matière d'immigration.

Dans la grille actuelle, 8 points sont accordés à un candidat à l'immigration économique qui a une offre validée à Montréal et 10 quand l'offre est en région, sur un total de 99 points quand il immigre seul.

«C'est un peu aberrant qu'il y ait une si faible différence, ce n'est pas très attrayant», a fait remarquer Mme Fournier.

Le PQ ferait passer le «boni région» de la grille de sélection de 10 à 16 points, soit le double de celui de Montréal, pour que le candidat voie bien la différence et que cela l'incite à faire une demande en région, a expliqué Mme Fournier.

En outre, le Parti québécois effectuerait une autre modification dans la grille de sélection : même si le candidat n'a pas l'offre d'emploi préalable en région, il pourrait aussi obtenir des points supplémentaires s'il manifeste son intention de s'installer en région.

Le nombre de points qui serait attribué dans ce cas n'est pas encore déterminé, mais il le sera ultérieurement.

«On montrerait ainsi notre intérêt à ce qu'ils s'installent en région», a-t-elle commenté.

Dans le contexte de la pénurie de main-d'oeuvre et du déclin démographique, c'est le signal qu'il faut envoyer, a laissé entendre Mme Fournier.

De surcroît, «l'immigration en région a fait ses preuves» en matière d'intégration et de francisation, quand on donne aux régions les ressources pour y arriver, a-t-elle conclu.

Le programme «Un emploi en sol québécois»

Le PQ élargirait également le programme actuel «Un emploi en sol québécois», piloté par la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ).

Ce programme populaire a permis d'offrir 2500 emplois en région à de nouveaux arrivants installés à Montréal. Ils étaient jumelés à certaines régions par des chambres de commerce, qui nolisaient notamment des autocars pour leur faire visiter les lieux et rencontrer des employeurs.

Ce programme couvre un certain nombre de régions, mais les péquistes veulent l'étendre dans l'est, soit le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, la Côte-Nord, des régions qui ne sont pas admises actuellement. Ils veulent également rendre ce programme permanent.

Le programme a été financé à raison de trois millions de dollars pour trois ans dans le budget Leitão de mars 2018.

Le Parti québécois entend également présenter mardi un «texte majeur», sa «réflexion la plus complète jamais proposée en matière d'immigration et d'intégration», a-t-on dit dans les instances du parti, mais il n'a pas été possible d'en connaître la teneur.

«Les gens seront ainsi en mesure de comparer les propositions rigoureuses, sensées et réalistes du PQ au programme d'amateur de la Coalition avenir Québec», a affirmé une porte-parole du parti.

L'immigration est un thème récurrent qui se dessine dans cette année électorale, notamment en raison de l'afflux de demandeurs d'asile qui traversent de façon irrégulière la frontière du Québec en provenance des États-Unis.

La semaine dernière, dans un discours à Québec, le premier ministre Philippe Couillard avait affirmé que dans la réforme de l'immigration pilotée par le ministre David Heurtel, le Québec accordera davantage de points aux candidats à l'immigration qui manifestent l'intérêt de s'installer en région.

De son côté, la Coalition avenir Québec (CAQ) a dévoilé récemment un document d'orientation sur l'immigration.

Les immigrants dits «économiques» seraient soumis à trois exigences, liées à des évaluations: d'abord une maîtrise suffisante du français, sinon le cours de francisation serait obligatoire; deuxièmement, la connaissance des valeurs québécoises telles qu'énoncées par la Charte des droits et libertés de la personne; troisièmement, la recherche active d'un emploi, à moins d'en avoir déjà un.

Les nouveaux arrivants seraient en probation pendant trois ans pour démontrer à l'État qu'ils respectent ces trois exigences. En cas d'échec aux évaluations, ils obtiendraient une prolongation d'une année.

En cas d'échec, un gouvernement caquiste transmettrait un avis au fédéral pour l'informer de la présence d'une personne sans statut et le laisserait décider des mesures à prendre.