Politique

Bernard Landry très malade, il peine à respirer

MONTRÉAL — L’ancien premier ministre Bernard Landry est très malade.

La Presse rapportait samedi que les bouteilles d’oxygène doivent suppléer à ses poumons qui s’atrophient de manière irréversible. Il est confiné à un fauteuil roulant.

M. Landry a reçu la visite ces derniers jours de nombreux amis qui l’ont accompagné dans son parcours politique. Lucien Bouchard, Pierre Karl Péladeau, Louise Beaudoin et Louise Harel, entre autres, se sont rendus à sa résidence de Verchères, en Montérégie.

L’ex-premier ministre demeure lucide, et il a accueilli chez lui vendredi, le nouveau chef par intérim du Parti québécois, Pascal Bérubé. Il ne pourra toutefois pas assister à la prestation de serment des députés péquistes à l’Assemblée nationale vendredi prochain.

Pascal Bérubé a d'ailleurs partagé une photo de la rencontre sur Facebook samedi matin. Souriant malgré tout, Bernard Landry pose en compagnie du chef par intérim du PQ et sa conjointe, l'animatrice Annie-Soleil Proteau. «Une visite au Patriote de Verchères. Respect au Premier ministre Landry», a simplement écrit le député.

En entrevue à La Presse, malgré ses problèmes de santé, Bernard Landry a dit garder le cap: il reste résolument souverainiste. 

Il observe «avec la plus grande peine» la régression du PQ. Mais, selon lui, «cela donne l’occasion de réorganiser la bataille».
M. Landry rappelle que René Lévesque lui avait dit que ce serait long pour arriver au pouvoir, et que ce serait aussi long pour l’indépendance. «Il aura eu raison», conclut-t-il.

Politique

Cannabis à 21 ans: Trudeau a des réserves sur le plan de la CAQ

EREVAN, Arménie - Le premier ministre Justin Trudeau a exprimé des réserves quant à l’intention du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) de faire passer de 18 à 21 ans l’âge légal pour consommer du cannabis.

À son avis, cette approche plus restrictive laissera une frange importante de la population entre les griffes du crime organisé, et pourrait donc quelque peu contrecarrer l’esprit de la loi fédérale.

«Si on élimine le segment de la population entre 18-19 ans et 21 ans, qui est une population souvent à l’université, souvent dans des endroits où ils vont essayer de consommer, on garde un important segment de consommateurs potentiels pour le marché noir», a-t-il exposé samedi en conférence de presse à Erevan, en Arménie.

Or, l’un des objectifs fondamentaux de la légalisation du cannabis est précisément de déplacer du marché illicite vers le marché licite la vente de la substance, a-t-il rappelé à quelques jours de l’entrée en vigueur de la loi, le 17 octobre. «Ça vient un petit peu enfreindre notre capacité de contrer le crime organisé», a plaidé Justin Trudeau au côté de son vis-à-vis arménien Nikol Pashinyan.

Le premier ministre a dit comprendre les gens qui aimeraient prohiber la consommation avant l’âge de 25 ans puisque le cannabis a des impacts sur le développement du cerveau jusqu’à cet âge. Mais «ça maintiendrait un marché noir», et c’est pour cela «que nous croyons que de fixer l’âge légal à l’âge de consommation de l’alcool, c’est un compromis qui a de l’allure», a-t-il offert.

En vertu de la loi fédérale, l’âge légal a été fixé à 18 ans, mais les provinces et territoires ont la latitude de procéder à des ajustements sur ce plan - le premier ministre Trudeau s’était personnellement dit en accord avec le principe de permettre de consommer du cannabis à compter d’un âge minimal de 18 ans.

Le premier ministre désigné François Legault a promis avant et pendant la campagne électorale de permettre la consommation légale seulement à partir de 21 ans. L’une de ses députées réélues, Geneviève Guilbault, a réitéré cette velléité caquiste en prévenant qu’il y aurait une période de transition.

Du côté d’Erevan, samedi, Justin Trudeau n’a pas voulu se lancer dans une querelle avec son nouveau partenaire provincial. «Le gouvernement de la CAQ n’a même pas établi encore son conseil des ministres, donc (il y a) beaucoup de décisions à prendre, a-t-il indiqué. Nous allons partager notre perspective là-dessus (...) et nous aurons les conversations nécessaires en temps et lieu.»

Le premier ministre canadien est rentré samedi soir d’un déplacement d’un peu plus de trois jours en Arménie, dont deux passés au sommet de la Francophonie. Les journées ont été longues, et le vol de retour vers Ottawa le sera aussi. Mais il n’aura pas trop de répit, puisque le jour J, celui de la légalisation, arrive à grands pas.

Les Québécois âgés de 18 à 21 ans pourront du cannabis au Québec pendant une période de quelques semaines, à compter de mercredi prochain.

La députée caquiste réélue Geneviève Guilbault expliquait, deux jours après la victoire électorale de la CAQ, qu’il y aura «une période où on doit appliquer légalement la loi qui aurait été adoptée par le précédent gouvernement», et donc, une «période de transition (...) où il est légalement impossible de modifier la loi parce qu’il nous faut siéger à l’Assemblée nationale».

La CAQ n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat aux réserves qu’a exprimées Justin Trudeau depuis la capitale arménienne.

Politique

L'éternel renouvellement du Parti québécois

ANALYSE / La messe n’est pas dite; l’histoire n’est jamais écrite d’avance. Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a raison.

Mais à tous ceux qui au PQ et ailleurs parlent de la nécessaire introspection à mener après la nouvelle débâcle du 1er octobre, de l’incontournable renouvellement à opérer, prière, s’il vous plaît, de ne pas oublier que la formation fondée par René Lévesque il y a tout juste 50 ans est coutumière de ces exercices. Le PQ en a essayé, des choses! Trop, même.

Politique

La famille Trudeau couverte de cadeaux

OTTAWA — Des lunettes de soleil Ray-Ban. Un sac à main en cuir, édition limitée. Produits de beauté, bijoux somptueux, chaussures, bagages, vêtements pour enfants, accessoires de sport.

Le premier ministre Justin Trudeau et sa femme, Sophie Grégoire Trudeau, sont inondés de cadeaux de la part de dignitaires et de dirigeants mondiaux.

À ces cadeaux souvent protocolaires s’ajoutent toutefois ceux d’entreprises privées, qui espèrent que la famille du premier ministre canadien arborera leurs vêtements et accessoires griffés.

Le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Mario Dion, affirme que tous les cadeaux figurant au registre public ont obtenu l’approbation de son bureau et sont donc conformes à la loi.
En vertu de celle-ci, tout titulaire d’une charge publique se doit de déclarer publiquement les cadeaux d’une valeur supérieure à 200 $ et de céder à la Couronne ceux valant plus de 1000 $, à moins de payer soi-même la différence. Les cadeaux qui pourraient raisonnablement être perçus comme une tentative d’influencer l’exercice de fonctions officielles doivent être refusés, à quelques exceptions près.

Le commissariat à l’éthique a déterminé que les vêtements et les accessoires de mode offerts à la famille Trudeau constituent une de ces exceptions.

Mais le porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière d’éthique, Charlie Angus, estime que cette tendance grandissante est «problématique».

«Ce qui est inquiétant, c’est que les marques de mode envoient des vêtements à la famille parce que c’est une famille qui est vraiment sous les projecteurs, vraiment dans l’univers d’Instagram et il y a un réel bénéfice pour une entreprise de leur faire porter leur marque de vêtements comme cadeaux», soutient l’élu ontarien.

«Le lien avec les intérêts pécuniaires de ces entreprises est clair et direct», relève-t-il.

En effet, les designers font souvent mousser leur marque à l’aide de photographies où l’on peut voir les Trudeau s’affichant avec leurs créations.

North Kinder a par exemple offert au premier ministre des vêtements à l’intention de son fils, Hadrien, en juillet dernier. Un mois plus tard, Sophie Grégoire Trudeau publiait sur les réseaux sociaux une photo où le garçon portait un t-shirt signé North Kinder. L’entreprise établie à Vancouver a ensuite partagé la photo sur sa propre page Facebook à des fins promotionnelles. Ce phénomène est relativement nouveau dans le paysage politique canadien.

La Loi sur les conflits d’intérêts n’est en vigueur que depuis 2007 et ne s’est donc appliquée qu’à deux gouvernements, soit ceux de Justin Trudeau et de Stephen Harper.

M. Harper avait aussi eu droit à son lot de présents : des tableaux, des sculptures et même des cadeaux plus personnalisés, notamment en lien avec son amour des Beatles.

Selon Charlie Angus, les vêtements et les accessoires des créateurs de mode canadiens entrent cependant dans une tout autre catégorie, qui évoque davantage les cadeaux offerts aux célébrités et même aux membres de la famille royale.

«Nous avons affaire à un nouveau genre de politique qui est très axée sur le politicien en tant que vedette, et personne dans le monde ne l’incarne aussi bien que Justin Trudeau et la famille Trudeau», avance M. Angus.

Duff Conacher, cofondateur de Démocratie en surveillance, estime que la famille Trudeau devrait payer de sa poche pour louer ou emprunter des vêtements de marque dont elle souhaite faire la promotion.

Selon un haut fonctionnaire questionné par La Presse canadienne, certains des articles énumérés dans le registre des cadeaux de Sophie Grégoire Trudeau avaient été empruntés ou ont ensuite été donnés à des œuvres de bienfaisance.