L’ancien ministre péquiste Yves-Fançois Blanchet songe à se lancer dans la course à la chefferie du Bloc québécois.

Yves-François Blanchet au Bloc québécois?

TROIS-RIVIÈRES — L’ancien ministre du Parti québécois et analyste politique Yves-François Blanchet songerait à se lancer dans la course à la chefferie du Bloc québécois.

L’analyste politique qui intervient notamment à l’émission Les Ex à RDI, dans les pages des quotidiens du Groupe Capitales Médias, dont Le Nouvelliste, ainsi qu’au 106,9 Mauricie, se retire de toutes ses fonctions publiques. Il a lui-même confirmé ces informations au Nouvelliste.  

Yves-François Blanchet se retire pour réfléchir sur son avenir professionnel. Il avoue qu’il a été sollicité dernièrement pour briguer la chefferie du Bloc québécois. 

Ancien député de Drummond et de Johnson du Parti québécois, Yves-François Blanchet a été whip en chef et ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs dans le gouvernement de Pauline Marois. Il était également ministre responsable de la Mauricie et du Centre-du-Québec.  

Yves-François Blanchet a vivement dénoncé sur Twitter au cours des derniers jours les coupes dans les services en français en Ontario du gouvernement conservateur de Doug Ford. Il avait alors décrié le refus d’Andrew Scheer, chef du Parti conservateur fédéral, de dénoncer ces compressions.

«Les mamours Conservateurs aux Québécois (même bien intentionnés) n’auront pas duré. Les intérêts du Canada et du Québec, leur appartenance linguistique, leur tolérance de l’autre, surtout celle du Canada envers le français, rendent ce pays dysfonctionnel», a écrit l’analyse politique sur son compte Twitter le 18 novembre.

Deux jours plus tôt, Yves-François Blanchet affirmait que le premier ministre du Canada devait intervenir dans ce dossier. «M. Trudeau doit intervenir sur sa province vassale - ne le sont-elles pas toutes? - pour préserver sa fiction d’un Canada bilingue. Il hérite pourtant de la responsabilité d’une politique réduisant les francophones à une minorité traitée comme les autres.»

Le choix du nouveau chef du Bloc québécois s’arrêtera le 24 février prochain à l’occasion du congrès de refondation du parti. La campagne à la direction sera donnée le 14 décembre et un seul candidat a pour instant annoncé sa candidature. Il s’agit de Christian Hébert, un agriculteur de Portneuf.

Le président national du Bloc québécois, Yves Perron, accueille favorablement l’annonce de la réflexion d’Yves-François Blanchet. M. Perron souhaite même qu’il décide de briguer la chefferie à la suite de sa réflexion. «Je souhaite que la réflexion soit positive», estime le président national du Bloc québécois. «Cela démontre que le Bloc québécois peut attirer des candidatures de qualité et qu’on suscite de l’intérêt. C’est quelqu’un qui a beaucoup de crédibilité et qui a beaucoup de verve et qui pourrait avoir un impact très positif.»

Même son de cloche du côté de Louis Plamondon. Le député de Bécancour—Nicolet—Saurel voit aussi en cette réflexion à briguer la chefferie du Bloc québécois comme une preuve de l’attraction du parti souverainiste fédéral. «M. Blanchet est quand même connu, il a une bonne notoriété et il a de bons emplois à la télévision, dans des stations de radio et dans les journaux comme dans Le Nouvelliste. C’est quelqu’un de très attrayant comme chef», soutient d’emblée le doyen de la Chambre des Communes. 

Louis Plamondon espère que la réflexion d’Yves-François Blanchet soit relativement rapide afin de le retrouver à nouveau dans l’arène politique. Le retrait de ses activités médiatiques démontre, note le député bloquiste, du sérieux de la démarche de l’ancien ministre péquiste. «On voit qu’il a quand même fait un pas important en laissant son emploi à Radio-Canada», précise M. Plamondon, qui n’a aucune prétention à la direction de son parti.  

Le nom d’Yves-François Blanchet avait circulé la semaine dernière comme éventuel successeur à Martine Ouellet à la tête du Bloc québécois. Toutefois, l’analyse politique qui était toujours à l’emploi de plusieurs médias avait démenti ces rumeurs.

«Il a été honnête. Au moment où il a été tenté, il a laissé ses emplois dans les médias», note Louis Plamondon. «Il a été très correct dans sa façon et son comportement. Mais normalement, lorsque tu quittes ton emploi, c’est que tu en recherches un autre ou que tu en as un autre en vue.» 

Le 13 novembre dernier, Yves-François Blanchet a assisté aux funérailles de l’ancien premier ministre du Québec et chef du Parti québécois Bernard Landry. Louis Plamondon estime que cela a certainement pu contribuer à raviver la flamme de plusieurs souverainistes inspirés par la détermination de celui qui a été qualifié par plusieurs de «grand patriote». 

«La cérémonie en l’honneur de Bernard Landry a touché plusieurs personnes. Il était un homme courageux qui n’a jamais abandonné le combat jusqu’à sa mort», précise M. Plamondon. 

Même si le Bloc québécois a traversé une forte période de turbulence au cours de la dernière année avec le départ de sept députés dissidents qui remettaient en question la direction de Martine Ouellet. Après son départ, les députés dissidents, dont Louis Plamondon, avaient réintégré le parti. Selon le député de Bécancour—Nicolet—Saurel, l’avenir ne peut qu’être meilleur pour le Bloc québécois. 

«Le NPD est presque anéanti et les conservateurs sont divisés. Maxime Bernier gagnerait même selon certains sondages dans sa circonscription et quatre ou cinq associations de circonscription seraient avec lui au Québec. Bernier va diviser le vote conservateur. Et les libéraux ne se sont pas fait des amis avec leurs décisions, malgré qu’ils n’en ont pas pris beaucoup à part le cannabis», affirme Louis Plamondon. 

«Le Bloc québécois dans plusieurs sondages est bon deuxième. On pourrait profiter de la division du vote comme lors des premières années du Bloc.»