La fin des opérations canadiennes de «WE Charity» ne suffira pas à effacer la controverse entourant le premier ministre Justin Trudeau à la suite de la décision de son gouvernement d’embaucher l’organisme de bienfaisance pour gérer un vaste programme de bénévolat étudiant qui ne verra finalement pas le jour.
La fin des opérations canadiennes de «WE Charity» ne suffira pas à effacer la controverse entourant le premier ministre Justin Trudeau à la suite de la décision de son gouvernement d’embaucher l’organisme de bienfaisance pour gérer un vaste programme de bénévolat étudiant qui ne verra finalement pas le jour.

«WE» met fin à ses activités mais le scandale n’est pas terminé à Ottawa

La Presse Canadienne
La fin des opérations canadiennes de «WE Charity» ne suffira pas à effacer la controverse entourant le premier ministre Justin Trudeau à la suite de la décision de son gouvernement d’embaucher l’organisme de bienfaisance pour gérer un vaste programme de bénévolat étudiant qui ne verra finalement pas le jour.

Le député néo-démocrate Charlie Angus a estimé jeudi que la décision de «WE» de mettre fin à ses opérations canadiennes ne faisait que souligner le manque de diligence raisonnable du gouvernement avant de confier l’administration du programme à une organisation manifestement en difficulté financière.

Charlie Angus note que deux mois avant que le gouvernement ne donne le contrat à «WE», à la fin juin, l’organisation avait licencié des centaines d’employés et remplacé la quasi-totalité de son conseil d’administration, qui s’était vu refuser l’accès aux rapports financiers de l’organisme de bienfaisance.

Selon le député Angus, «WE» était «désespéré» et a tiré profit de ses relations avec la famille Trudeau et celle de l’ancien ministre des Finances, Bill Morneau, afin de les persuader de choisir l’organisation pour gérer le programme de Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant.

Justin Trudeau lui-même a été invité à donner des conférences dans une demi-douzaine d’événements de «WE» et sa femme, sa mère et son frère ont reçu des centaines de milliers de dollars au fil des ans pour des conférences.

MM. Trudeau et Morneau se sont excusés de ne pas s’être récusés de la décision de verser à «WE» jusqu’à 43,5 millions $ pour administrer le programme et font tous deux l’objet d’une enquête du commissaire fédéral à l’éthique pour d’éventuelles violations de la Loi sur les conflits d’intérêts.

«La fermeture de «WE» ne fera pas disparaître le scandale des libéraux», a estimé Charlie Angus.

Le gouvernement insiste sur le fait que ce sont des fonctionnaires qui ont déterminé que «WE» était la seule organisation capable d’administrer ce vaste programme national, mais des milliers de documents publiés par le gouvernement le mois dernier suggèrent que les hauts fonctionnaires ont peut-être été influencés par le pouvoir exécutif.

Plusieurs enquêtes parlementaires

Deux comités de la Chambre des communes étaient en train d’enquêter sur l’accord et deux autres comités se préparaient à lancer des enquêtes séparées lorsque le premier ministre Trudeau a prorogé le Parlement le mois dernier, mettant fin aux travaux des comités.

L’affaire «WE» continuera probablement de coller à la peau du gouvernement lorsque le Parlement rouvrira le 23 septembre, la fin des opérations canadiennes de l’organisation n’ayant fait qu’ajouter de l’huile sur le feu.

«La fermeture de «WE» ne change rien», a écrit jeudi matin le porte-parole conservateur en matière de finances, Pierre Poilievre, sur Twitter. «Le comité des finances reprendra ses enquêtes à la réouverture du Parlement. Ils peuvent tenter de courir, mais ils ne peuvent pas se cacher.»

Le chef conservateur Erin O’Toole a affirmé mercredi que «WE» devait remettre tous les documents demandés par le comité des finances au sujet du programme de bourse de bénévolat étudiant.

Le programme était censé couvrir jusqu’à 5000 $ en droits de scolarité pour les étudiants qui auraient fait du bénévolat pendant la pandémie de COVID-19. Le gouvernement a initialement fixé le coût total du programme à 912 millions $, mais le contrat initial avec «WE» était de 543 millions $.

L’accord stipulait que «WE» ne devait pas faire de profit grâce au programme. L’organisme de bienfaisance a remboursé la totalité des 30 millions $ que le gouvernement lui avait versés pour lancer le programme et a déclaré qu’il ne demanderait pas le remboursement de quelque 5 millions $ de dépenses engagées avant que «WE» se retire de l’accord au début du mois de juillet, en pleine controverse politique.

«WE» éprouvait déjà des difficultés en raison du confinement lié à la pandémie, mais les questions entourant programme de bénévolat étudiant ont incité bon nombre de ses commanditaires à couper leurs liens avec l’organisme.

«WE» a annoncé mercredi qu’il prévoyait licencier 115 employés canadiens et vendre toutes ses propriétés au Canada dans les mois à venir, y compris son centre international de formation, un édifice de 15 millions $ au centre-ville de Toronto, qui n’avait ouvert qu’en 2017.

Ces annonces font suite à l’annonce du mois dernier selon laquelle «WE» licencierait des dizaines d’employés au Canada et au Royaume-Uni.

La fin de ses opérations canadiennes «montre à quel point «WE» avait des problèmes et avait besoin de ce renflouement provenant de ses amis libéraux», a estimé le député Angus.

«Ils sont en chute libre économique depuis des mois. C’est un groupe qui a renvoyé son conseil d’administration pour avoir posé trop de questions sur ses finances. La question est de savoir pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas vu cela avant de leur confier un contrat d’une valeur de plusieurs millions.»