La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, en compagnie de la ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde

Une visite à saveur électorale

Signe évident que les élections provinciales approchent, la première ministre Kathleen Wynne n’a pas hésité lors de son passage à Ottawa lundi à décocher plusieurs flèches à l’endroit de son rival progressiste-conservateur, Doug Ford, qu’elle accuse d’avoir « non pas un plan, mais uniquement des slogans ».

Accompagnée de la ministre des Affaires francophones et députée d’Ottawa-Orléans, Marie-France Lalonde, Mme Wynne a d’abord fait un arrêt à l’école secondaire publique Louis-Riel pour annoncer que le nombre de conseillers en orientation pour les élèves de 7e et de 8e année sera presque multiplié par deux en Ontario d’ici 2021. Au total, 450 conseillers seront ajoutés dans les écoles d’un bout à l’autre de la province, un investissement chiffré à 120 millions $ qui a pour but de faciliter la transition des élèves vers l’école secondaire et d’exposer ceux-ci aux divers choix de carrière. 

Cet ajout de ressources fait partie de l’annonce dans le dernier budget provincial de l’embauche de 2000 nouveaux travailleurs dans le monde de l’éducation, dont des psychologues, des orthophonistes et des travailleurs sociaux. 

Précisant que cette période de la vie est souvent difficile pour les écoliers en raison du questionnement sur leur avenir, Kathleen Wynne croit que ces embauches permettront aussi « de donner aux enseignants plus de temps pour faire ce qu’ils font de mieux, c’est-à-dire encadrer les élèves et enseigner ». 

La présidente du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), Linda Savard, est d’avis que cet ajout de ressources éducatives vient répondre à un besoin très réel sur le terrain. 

« Nous sommes tous conscients que le besoin en soutien est très important pour nos élèves de 7e et 8e année pour qui ces années charnières s’accompagnent de doutes et de questions. Qui suis-je ? Quelles sont mes possibilités ? Qu’est-ce que je veux faire plus tard ? Les possibilités sont innombrables. [...Les enseignants-orienteurs peuvent être des joueurs clés dans l’aiguillage des jeunes », a-t-elle dit.

Vantant en long et en large le bilan du gouvernement libéral en matière d’éducation, Mme Wynne a lancé un avertissement aux électeurs qui pourraient être séduits par les promesses du chef progressiste-conservateur. 

« À chaque opportunité qu’il a, Doug Ford parle d’aller chercher dix milliards de dollars, ce qu’il appelle de l’efficacité. Bien sûr, ce qu’il veut dire, ce sont des coupures. Vous savez tous dans cette salle qu’il est impossible de faire des coupes de cette ampleur sans nuire à l’éducation. Nous n’allons pas tourner le dos aux salles de classe de l’Ontario, pas maintenant, ni jamais », a-t-elle martelé.

Par ailleurs, la première ministre a indiqué qu’il ne fallait nullement voir dans sa visite éclair à Ottawa et dans l’Est ontarien un signe d’inquiétude dans les coulisses en ce qui a trait à la réélection des députés libéraux de la région le 7 juin. Se disant confiante que la région sera davantage couverte de rouge que de bleu, elle a cependant précisé qu’il faut travailler sans relâche et que comme politicien, « ce n’est pas possible d’être confiant à 100 %. »

UNE TABLE RONDE, UNE LISTE D'ÉPICERIE

À l’initiative de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), la première ministre Kathleen Wynne était conviée lundi à une table ronde avec plusieurs organismes pour discuter d’enjeux francophones. Une rencontre d’environ 45 minutes dont est ressorti satisfait le président de l’AFO, Carol Jolin. 

« On a eu l’occasion de parler des aspirations et des attentes de la communauté, par exemple la modernisation de la Loi sur les services en français. On veut que ça fasse partie de la lettre de mandat du prochain ministre. On a aussi parlé de désignation, il y a 26 zones en ce moment, mais on aimerait qu’il y en ait une grande. […] Elle n’a pas été surprise par nos revendications, elle les connaissait déjà. On est en relation très régulièrement avec la ministre (Lalonde) et les critiques des autres partis », a-t-il dit. 

Le Regroupement étudiant franco-ontarien, la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne et la Société économique de l’Ontario étaient parmi les organisations à la table de discussions. 

De telles rencontres ont été sollicitées auprès des progressistes-conservateurs et des néo-démocrates, mais aucune date n’a encore été fixée. 

Par ailleurs, l’AFO a acheminé lundi un formulaire aux trois partis politiques afin de connaître leur vision sur la francophonie ontarienne. 

Le statut bilingue de la province, l’Université de l’Ontario français et l’amélioration des services gouvernementaux en français font partie des thèmes abordés. 

Les candidats ont jusqu’au 23 mai pour le remplir et le renvoyer à l’organisme, qui publiera ensuite les réponses sur son site web.