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La nomination de l’ex-premier ministre Mike Harris au titre de l’Ordre de l’Ontario « a rouvert une cicatrice non guérie pour les Premières Nations ». 
La nomination de l’ex-premier ministre Mike Harris au titre de l’Ordre de l’Ontario « a rouvert une cicatrice non guérie pour les Premières Nations ». 

Une pétition pour empêcher Mike Harris de recevoir l’Ordre de l’Ontario

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
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La nomination de l’ex-premier ministre Mike Harris au titre de l’Ordre de l’Ontario « a rouvert une cicatrice non guérie pour les Premières Nations ». 

Une pétition visant à empêcher l'ex-premier ministre de l’Ontario Mike Harris de recevoir le réputé prix de l’Ordre de l’Ontario avait récolté plus de 44 000 signatures en date du 6 janvier. 

L’auteur de la pétition déplore la décision de la lieutenante-gouverneure de l’Ontario Elizabeth Dowdeswell, responsable de décerner ce prix, de vouloir reconnaître les « réalisations exceptionnelles » de M. Harris « qui ont laissé un héritage durable dans la province, au Canada et ailleurs ». 

La pétition souligne que l’on devrait plutôt se souvenir de lui pour la « crise d’Ipperwash où la Police provinciale de l’Ontario a massacré un membre innocent et non armé du peuple ojibwé de Stoney Point, Dudley George. »

Effectivement, la crise d’Ipperwash opposait les Ojibwés et l’Ontario lorsque le peuple autochtone avait occupé, en 1995, le parc provincial d’Ipperwash. Les tensions avaient engendré une violente confrontation entre les protestataires et la PPO, causant la mort de Dudley George. 

La lieutenante-gouverneure de l’Ontario Elizabeth Dowdeswell

L’auteur de la pétition rappelle Mike Harris avait à l’époque été accusé par un ancien procureur général d’avoir proféré ces propos aux agents de la police provinciale: « Je veux ces maudits Indiens hors du parc (I want the fucking Indians out of the park) ».

« Pendant la crise d’Ipperwash de 1995, les événements qui ont eu lieu ont révélé le racisme systémique enraciné qui sévit dans une grande partie du Canada, a souligné la Cheffe régionale de l’Ontario, RoseAnne Archibald. L’Ordre de l’Ontario vise à honorer les personnes dont les réalisations exceptionnelles ont laissé un héritage durable dans la province, au Canada et ailleurs. Cette annonce est préjudiciable aux Premières Nations de l’Ontario. »

Mme Archibald a demandé au gouvernement ontarien de ne pas décerner ce prix à Mike Harris et « d’achever les travaux de l’enquête Ipperwash dans le but de poursuivre sur la voie de l’avenir, avec une approche revitalisée et des solutions à long terme pour guérir cette blessure et d’autres ».

La pétition rappelle aussi, entre autres, la tragédie de Walkerton, une épidémie d’E.coli causée par l’eau contaminée à Walkerton ayant causé la mort de sept personnes et des centaines de personnes qui en sont tombées malades. La santé publique avait déclaré à l’époque que le gouvernement Harris aurait pu empêcher la tragédie. 

Mike Harris a été chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario de 1995 à 2002. 

C’est M. Harris qui avait demandé la fermeture de l’Hôpital Montfort.

Ayant défendu la privatisation du système de soins de longue durée en Ontario, M. Harris est aujourd’hui à la tête de Chartwell, l’un des plus grands groupes de foyers de soins de longue durée à but lucratif depuis 2003.  

À LIRE AUSSI : Une belle retraite pour Mike Harris

La lieutenante-gouverneure de l’Ontario Elizabeth Dowdeswell a annoncé la semaine dernière près d’une cinquantaine de nominations pour 2019 et 2020.

Le bureau de Mme Dowdeswell n’a pas répondu aux questions du Droit.