Le président de l'AFO, Carol Jolin

Une ouverture saluée

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) s’est dite satisfaite de constater une ouverture du gouvernement Ford dans le dossier des services en français, mais elle continue de dénoncer l’absence d’un Commissariat aux services en français indépendant.

« Je vois une ouverture, une ouverture au dialogue, une ouverture de travailler ensemble. Nous, à l’Assemblée de la francophonie, nous sommes prêts à nous asseoir avec la ministre (Caroline Mulroney), à poursuivre le dialogue et à améliorer la situation. Ils connaissent nos objectifs, la communauté est très claire à ce niveau-là. On veut que le travail se poursuive au niveau de l’Université de l’Ontario français, qu’on soit prêt à ouvrir en 2020. C’est le mandat qu’on a eu de la communauté », a réagi le président de l’AFO, Carol Jolin.

L’AFO s’est dite « stupéfaite » que le rôle de chien de garde des services en français soit toujours sous l’égide du Bureau de l’ombudsman.

« Il n’existe aucune bonne raison, économique ou autre, de toucher à la Loi sur les services en français à moins de l’améliorer », a argumenté M. Jolin lors d’une conférence de presse vendredi soir durant laquelle il a déploré l’absence de consultation dans la proposition élaborée par le gouvernement Ford, et annoncée quelques heures plus tôt.

« La province tente d’apaiser la communauté avec quelques changements mineurs au poste de l’ombudsman. L’indépendance du Commissariat ne serait aucunement rétablie. C’est nettement insatisfaisant pour protéger nos acquis », a-t-il ajouté.

M. Jolin a salué le retour du ministère des Affaires francophones. Il se réjouit aussi de la décision d’inclure au sein du bureau du premier ministre Ford un conseiller principal pour la francophonie ontarienne.

« C’était une promesse de M. Ford pendant la campagne électorale, et évidemment nous sommes très heureux de cet avancement. C’est quelque chose d’important et de positif dans l’annonce », a-t-il indiqué.

La Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada (FCFA) tient elle aussi à voir la concrétisation de l’Université de l’Ontario français.

« Les institutions sont les fondements de nos communautés. Nous avons besoin de nos institutions. Nous sommes toujours là, solidement derrière l’AFO », a expliqué le président de la FCFA, Jean Johnson.

Malgré les annonces du gouvernement, les quelque 40 actions citoyennes prévues pour le 1er décembre à travers la province vont toujours de l’avant, a signalé le président de l’AFO.

Réactions de Scheer

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, a indiqué que les annonces du premier ministre Doug Ford sont un pas dans la bonne direction.

« Je n’hésiterai pas à m’asseoir à nouveau avec le gouvernement de l’Ontario pour trouver des moyens d’aider davantage les communautés francophones en Ontario », a précisé M. Scheer dans une déclaration, signalant aussi qu’un gouvernement conservateur à Ottawa veillerait à ce que le projet d’université francophone à Toronto se concrétise.

M. Scheer avait fait part à M. Ford de son désaccord sur les coupes dans les services en français en Ontario contenues dans l’énoncé économique de son gouvernement. Andrew Scheer a ajouté que son caucus est à développer un plan pour les communautés linguistiques en situation minoritaire qui sera contenu dans son programme politique pour les élections de 2019.