Mariam Sabbagh a d’abord affirmé avoir écrit ses commentaires à titre de citoyenne et non de candidate.

Une candidate du PPC tient des propos controversés sur Facebook

Les propos de la candidate du Parti populaire du Canada (PPC) dans Shefford suscitent la controverse. Mardi matin, sur Facebook, Mariam Sabbagh a suggéré de « disperser les immigrants et placer les réfugiés dans des villages semi-isolés de tout le pays » .

Comme plusieurs dizaines d’internautes, elle réagissait sur la page Facebook de La Voix de l’Est à l’article du journaliste Pascal Faucher intitulé Un crime d’honneur à Granby ? , faisant état d’accusations de harcèlement et de menaces de mort à l’encontre de membres d’une famille granbyenne d’origine syrienne.

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Mme Sabbagh, avec qui La Voix de l’Est s’est entretenue mardi matin, a d’abord affirmé avoir écrit ce commentaire à titre de citoyenne et non de candidate à l’élection fédérale de cet automne.

Elle a ensuite clarifié ses propos en mentionnant que c’est lorsqu’ils restent entre eux que les musulmans continuent d’appliquer les coutumes de leur pays d’origine. « Quand je dis qu’il faut les isoler, je ne parle pas de les mettre dans un coin ; je veux dire qu’on doit les mêler à plein de gens d’autres communautés » , explique-t-elle.

Dans sa publication originale, elle mentionne d’ailleurs que « la plupart des musulmans d’Amérique du Nord ne croient pas aux crimes d’honneur car ils sont séparés de leur famille élargie et de leur communauté intime pour laquelle ils ressentent le besoin de préserver leur honneur [...] Ce problème peut toujours se poser lorsque leurs communautés s’agrandissent dans certaines villes. »

La publication en question de Mme Sabbagh

« Sensibilisation culturelle planifiée »

La candidate affirme que le Canada devrait réduire le nombre d’immigrants accueillis pour « donner à ces personnes le temps de s’intégrer. Ils ont également besoin d’une sensibilisation culturelle bien planifiée » .

« Je pense qu’avant de venir dans notre pays, ces gens-là devraient avoir des cours pour déterminer s’ils sont prêts à vivre selon nos valeurs. Ils doivent savoir à l’avance qu’ils ne peuvent pas venir ici et nous imposer leurs traditions. Ici, les crimes d’honneur ne sont pas tolérés, ici, nos jeunes peuvent avoir des amoureux. »

Mme Sabbagh estime qu’il s’agit là d’un enjeu social, un enjeu qui l’interpelle particulièrement. « Je ne peux pas concevoir que des parents puissent vouloir tuer leur enfant, sans penser à leur futur. Il y a quelque chose de bizarre là-dedans. »

Concernant l’histoire de la famille syrienne, la candidate suggère que le juge renvoie les parents et les frères en Syrie. Pour sa sécurité, la jeune femme devrait cependant rester au Canada. « Elle pourrait être envoyée dans une autre province si nécessaire, moyennant un changement de nom et un conseil d’enlever le foulard. J’imagine que [sa] famille l’aurait forcée à le porter » , écrivait-elle.

Quelques minutes après l’entrevue, Mme Sabbagh a recontacté La Voix de l’Est pour lui faire savoir qu’elle avait retiré son commentaire, à la demande de son mari.

Égalité pour tous

Sur la page Facebook PPC Shefford, et donc à titre de candidate, Mme Sabbagh publie régulièrement des articles traitant de la communauté musulmane ou de l’immigration.

Elle reconnaît penser que Justin Trudeau entretient un préjugé favorable envers les musulmans et les nouveaux arrivants. « Je pense qu’il doit traiter tout le monde de la même façon » , a-t-elle dit en entrevue.

Le 7 juillet, elle partageait un texte publié par le Clarion Project, un site géré par une organisation à but non lucratif dont la mission est « d’éduquer le public sur les dangers de l’islam radical » , à propos d’un groupe d’étudiants musulmans désirant organiser des prières dans leur école secondaire, en Ontario. « Il semble qu’ils ont un ordre du jour... » laisse entendre la nouvelle venue en politique.

Quatre jours plus tôt, Mme Sabbagh avait partagé les résultats d’un sondage concluant que les Canadiens sont divisés sur la question de l’immigration et que le contexte politique actuel rend la population méfiante face aux réfugiés.

Un sondage mal interprété selon la candidate, qui ne croit pas que plaider pour un plafond du nombre d’immigrants relève du racisme.

« Il devrait y avoir un nombre autorisé [d’immigrants pour que] les services peuvent [sic] accueillir à la fois les citoyens et les immigrants » , écrivait-elle.

« Les différences culturelles doivent être abordées, poursuivait alors Mme Sabbagh. Lorsque la différence est superficielle, comme une préférence pour les fourchettes ou les baguettes, il n’y a pas de problème. Lorsque la différence entraîne un manque de respect pour les citoyens du pays hôte, il y aura des problèmes. »

Castrer les pédophiles

À la fin juin, Mme Sabbagh a commenté une autre nouvelle de La Voix de l’Est, faisant état du jugement d’un Farnhamien déclaré délinquant sexuel à vie après avoir reconnu avoir posé des gestes à caractère sexuel sur un mineur de moins de 14 ans.

« Je pense que si ses semblables étaient volontairement castrés dès qu’ils sentent leur tendance de délinquence [sic] sexuelle, il aurait pu nous sauver du chagrin. “Si ton œil droit te fait brancher [sic], arrache-le ! ” » avait alors écrit la candidate.

Confrontée à ses propos, la candidate persiste et signe. « Si quelqu’un agresse un enfant, c’est quelque chose de grave. Mettre ces gens-là en prison, ce n’est pas assez à mon avis » , dit-elle, sans toutefois s’avancer sur la possibilité de modifier le Code criminel canadien pour y inclure la mesure.

Mardi, en fin d’après-midi, le porte-parole du PPC, Martin Masse, a précisé que « Mme Sabbagh s’est exprimée en son nom personnel, le programme du parti ne touche pas aux sujets qu’elle a soulevés » .