« Les Canadiens auront un choix clair à faire : des coupures et de l’austérité ou investir dans les Canadiens. La classe moyenne ne peut pas subir un autre Doug Ford », a prévenu Justin Trudeau.

Trudeau utilise Doug Ford comme exemple

À un peu plus d’un mois du déclenchement de la campagne électorale, les libéraux fédéraux affutent leurs attaques contre leur principal adversaire conservateur. Et dans leur arsenal se retrouve le premier ministre de l’Ontario, brandi comme épouvantail.

Mercredi matin, plus de 200 candidats libéraux étaient réunis à Ottawa pour entendre les conseils de leur chef.

Justin Trudeau a pu donc roder son discours de campagne.

« Les politiciens conservateurs (...) refusent de comprendre qu’on ne peut pas atteindre la prospérité à coups de coupures », a-t-il lancé.

« Les Canadiens auront un choix clair à faire : des coupures et de l’austérité ou investir dans les Canadiens. La classe moyenne ne peut pas subir un autre Doug Ford », a-t-il prévenu.

Interceptés à la sortie du discours, les ministres Pablo Rodriguez et Mélanie Joly ont assuré que l’argument Ford leur sert, même au Québec. « Doug Ford (...) est très, très, très connu au Québec. Ce qui est une bonne chose. Il a coupé de façon évidente au niveau des francophones. Et ça, ça a eu un impact chez nous, un impact clair. Les gens m’en ont parlé, moi », a insisté M. Rodriguez.

Deux nouveaux candidats libéraux au Québec ont rapporté une expérience différente.

Tous deux accompagnaient Mme Joly lors d’une courte mêlée de presse. Et ils n’ont pas hésité à la contredire.

« Non, à Trois-Rivières, on ne parle pas de Doug Ford », a souri Valérie Renaud-Martin.

« Non, pas du tout. On en entend beaucoup moins parler », a confirmé son collègue Aladin Legault qui tente sa chance dans un comté conservateur, celui de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup.

Tout de même, le leadership libéral n’en démord pas ; l’argument « Doug Ford » est utile partout, y compris au Québec.

« Si Andrew Scheer est d’accord et ne dit rien sur les coupures de Doug Ford, s’ils sont unis du même côté sur la question de l’environnement, on peut appliquer l’un à l’autre. C’est à dire, vous ne voulez pas de Doug Ford à Ottawa, ne votez pas pour Andrew Scheer », a argué M. Rodriguez.

« Andrew Scheer n’a pas voulu dénoncer les coupures. (...) M. Scheer s’est acoquiné avec M. Ford et épouse la même vision qui est essentiellement celle de l’austérité », a offert Mme Joly.

École de campagne

Les candidats libéraux en étaient à la deuxième et dernière journée d’une « école de campagne ».

« Certains jours sont plus difficiles que d’autres. C’est normal. Dans ces temps-là, oubliez tout le bruit autour de vous. Concentrez-vous plutôt sur les gens que vous voulez représenter. Rappelez-vous pourquoi vous avez décidé de faire le saut en politique », leur a conseillé M. Trudeau.

« La politique (...) ce n’est pas juste à propos de comment on gagne une élection. C’est à propos de la manière dont nous faisons avancer le pays », leur a-t-il rappelé.

Au Québec, 53 des 78 candidats libéraux ont déjà été choisis. À l’échelle du pays, ils sont 230 candidats libéraux officiels.