Justin Trudeau fera face à un public sceptique, à Chicago, mercredi, alors qu’il tente d’insuffler un nouvel élan aux relations commerciales entre le Canada et les États-Unis.

Trudeau tentera de vendre le libre-échange à des étudiants américains sceptiques

Justin Trudeau fera face à un public sceptique, à Chicago, mercredi, alors qu’il tente d’insuffler un nouvel élan aux relations commerciales entre le Canada et les États-Unis.

Les sujets du libre-échange et de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) seront difficiles à éviter lorsque le premier ministre arrivera sur la scène de l’Université de Chicago.

Le libre-échange est un sujet délicat dans le Midwest américain, car les citoyens croient que l’ALÉNA leur a coûté des emplois manufacturiers - l’un des arguments favoris du président Donald Trump, qui est parmi les plus fervents critiques de l’accord commercial.

Le message de Justin Trudeau, qui est en faveur d’accords commerciaux progressistes, sera mis à l’épreuve à Chicago, puisque ce n’est pas tout le monde parmi les spectateurs qui le croira, a fait remarquer David Axelrod, l’ancien conseiller de l’ex-président Barack Obama, qui animera la discussion.

M. Axelrod a fait remarquer que plusieurs jeunes se montrent sceptiques face à la mondialisation incarnée par les accords commerciaux.

Ils voudront savoir comment les accords commerciaux pourraient avantager les travailleurs, et pas seulement les entreprises, a-t-il ajouté.

«C’est à ce sujet que ces jeunes sont inquiets. Ils sont préoccupés par le fait que la mondialisation soit une force qui crée des inégalités et je sais que ce sont des enjeux auxquels (M. Trudeau) a pensé aussi», a-t-il déclaré.

La conférence à Chicago sera le premier arrêt de Justin Trudeau dans le cadre d’une tournée de quatre jours dans des États pivots des États-Unis. Il doit aussi se rendre à San Francisco et Los Angeles, où il livrera un discours à la Bibliothèque présidentielle de Ronald Reagan devant une salle comble.

Une allocution sur le libre-échange dans cet établissement fondé par le président qui a signé l’accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis dans les années 1980 sera lourde de sens pour les élus républicains, selon Sean Speer, chercheur à l’Institut Macdonald-Laurier.

Si M. Trudeau aborde Ronald Reagan dans son discours, cela pourrait amener les républicains qui admirent l’ancien président à vouloir conserver cet héritage, selon le chercheur.

«Il (M. Trudeau) sera en quelque sorte un défenseur plus éloquent de la vision de Reagan sur le libre-échange que le président républicain actuel», a-t-il expliqué.

«Ce serait contre-intuitif, mais vraiment puissant s’il y avait l’héritage de Reagan dans ses remarques.»

La prochaine ronde de négociations de l’ALÉNA fait face à plusieurs impasses que les négociateurs espèrent régler avant l’élection présidentielle au Mexique et les élections de mi-mandat aux États-Unis. Les représentants des trois pays doivent éclaircir les chapitres sur l’automobile, la clause crépusculaire et le mécanisme de règlement de différends.