Trudeau poursuit sa visite à New York

NEW YORK — Justin Trudeau a poursuivi mardi son offensive de charme à New York, après son discours de la veille à l’Assemblée générale des Nations unies.

Le premier ministre a participé en début de journée à une discussion avec des membres du Council on Foreign Relations, un important groupe de réflexion américain en matière de politique étrangère.

M. Trudeau était accompagné de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et du ministre de la Diversification du commerce international, Jim Carr. Ils ont répondu à des questions allant des négociations difficiles en vue du renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) à la crise des droits de la personne au Venezuela, en passant par Donald Trump — on leur a même demandé pourquoi les Canadiens aiment tant les beignes.

Mme Freeland a expliqué que la réorientation professionnelle devant permettre aux travailleurs de mieux s’intégrer dans l’économie du 21e siècle, et toute l’incertitude qui entoure cette question, faisaient partie des préoccupations du gouvernement fédéral.

Une grande partie de cette anxiété et de cette insécurité provient du doute persistant quant à l’avenir, en particulier concernant la façon dont la technologie réduit le marché du travail traditionnel et exclut un nombre croissant de personnes, a ajouté Justin Trudeau.

« En tant que dirigeants, nous devons prendre une décision : voyons-nous ces craintes et choisissons-nous de les amplifier pour obtenir des gains à court terme, ou disons-nous : nous pouvons résoudre ce problème si nous travaillons ensemble », a expliqué le premier ministre.

« Ce choix entre accroître les insécurités et les amplifier, ou dire que nous allons y faire face ensemble, est l’un des contrastes les plus frappants que nous puissions voir dans le discours politique aujourd’hui. »

Le dossier de l’ALÉNA
Présent lui aussi à New York, le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer a donné mardi des indices sur l’état d’avancement des pourparlers de l’ALÉNA avec le Canada.

« Je pense que les États-Unis aimeraient que (le Canada) soit dans l’accord, mais il y a encore beaucoup de distance entre nous », a affirmé M. Lighthizer lors d’une conférence en marge de l’Assemblée de l’ONU.

« Il y a un certain nombre de problèmes importants entre nous (...) Je pense que le Canada veut le faire, je sais que nous voulons le faire, et nous verrons ce qui se passera. Nous sommes sur le point de manquer de temps. »

À un certain moment cette semaine, M. Lighthizer et la ministre Freeland devraient se rencontrer en privé pour poursuivre la « négociation continue » qui se déroule depuis un mois.

Pour sa part, Chrystia Freeland est restée muette quant à l’état des discussions, répétant que les deux parties « ne négocient pas en public ».

La ministre Freeland a par ailleurs annoncé qu’elle envisageait de s’entretenir cette semaine avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, pour discuter du différend actuel entre le Canada et le royaume concernant ses critiques publiques sur les atteintes aux droits de la personne et la détention de Samar Badawi — la sœur de Raïf Badawi, lui-même détenu depuis 2013.

Les deux homologues auraient été en contact étroit tout l’été. Mme Freeland a reconnu le travail acharné de M. Al-Jubeir pour trouver une solution au conflit diplomatique.

Le Canada défendra toujours les droits de la personne, et « nous ressentons une obligation particulière envers les femmes qui luttent pour leurs droits partout dans le monde », ainsi que celles qui ont un lien avec le Canada, a-t-elle déclaré.

« Cela dit, nous entretenons une relation de longue date avec l’Arabie saoudite (...) nous avons reconnu les réformes impressionnantes en cours en Arabie saoudite et avons parlé de notre soutien, et nous avons également évoqué les préoccupations actuelles en matière de droits de la personne. »

Justin Trudeau a fait une apparition plus tard dans la journée lors d’un événement avec le président français Emmanuel Macron et la première ministre britannique Theresa May pour faire valoir l’importance de l’instruction pour les filles du monde entier.