Yves-François Blanchet

Trudeau ou Rodriguez devrait s’excuser, dit Yves-François Blanchet

Le premier ministre Justin Trudeau n’a pas l’intention de présenter ses excuses au gouvernement du Québec et aux Québécois pour les propos tenus par son ministre Pablo Rodriguez, comme l’a réclamé mercredi le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

M. Blanchet estime que le ministre avait insinué la veille que son parti était raciste en raison de sa position sur la langue des immigrants.

«C’est la Constitution canadienne qui défend les droits des minorités en situation linguistique officielle à travers le pays, a affirmé M. Trudeau en chambre. Nous allons continuer de défendre cette Constitution. Malgré ce que le Bloc est en train d’essayer de dire, nous allons respecter la Constitution et défendre nos deux langues officielles à travers le pays.»

«Le premier ministre, en ne dénonçant pas et en ne condamnant pas le ton absolument odieux de son ministre hier, se trouve à cautionner», a réagi le chef bloquiste.

M. Rodriguez et le député bloquiste Mario Beaulieu ont eu un échange musclé mardi lors de la période des questions sur l’enjeu de la langue des immigrants. Le député bloquiste a déposé un projet de loi afin que l’obtention de la citoyenneté canadienne pour les immigrants installés au Québec soit conditionnelle à leur connaissance adéquate du français.

Enflammé et en haussant graduellement le ton, le ministre du Patrimoine canadien a suggéré que le Bloc québécois incitait à la division selon la couleur des gens. Des propos interprétés comme étant racistes.

«On reconnaît ici le discours du Bloc québécois qui vise à diviser, qui vise à tracer des barrières sur la base de la langue, sur la base de la culture, sur la base de la couleur», avait répondu le ministre libéral à la question de M. Beaulieu.

Pour le chef bloquiste, M. Rodriguez a franchi la limite. Il a rappelé que le gouvernement caquiste à Québec souhaite faire passer un test de français aux immigrants qui veulent s’installer sur son territoire.

«On commence à être habitués de se faire traiter de racistes parce qu’on parle français», a ironisé M. Blanchet en insistant sur le fait que ces excuses doivent être faites «à l’ensemble des Québécois qui, de façon très consensuelle, considèrent que le français c’est ce qu’ils sont, c’est leur langue commune et ce n’est pas une honte. C’est une grande fierté.»

Les libéraux tentent de tuer dans l’oeuf le projet de loi bloquiste sur la langue des immigrants avant même qu’il n’atteigne le plancher de la Chambre des communes. Ils le jugent inconstitutionnel, malgré l’avis du légiste chargé de conseiller la Chambre sur ce genre de questions juridiques.

Des députés libéraux ont utilisé une rare procédure pour tenter de bloquer le débat. Un vote secret pour décider si le projet de loi est «votable» a lieu depuis mardi. Le résultat sera connu jeudi matin. C’est la deuxième fois qu’une telle manoeuvre est utilisée.