Justin Trudeau a rencontré la gouverneure générale Julie Payette à Rideau Hall, mardi, pour confirmer son intention de former le prochain gouvernement.

Trudeau fait appel à deux conseillères

Le premier ministre Justin Trudeau fait appel à deux femmes expérimentées, dont l’une de l’Alberta, pour le conseiller sur la formation de son gouvernement minoritaire.

Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada en France, et Anne McLellan, ancienne vice-première ministre libérale, conseilleront M. Trudeau sur cette délicate opération. Mme McLellan a déjà été la seule députée libérale en Alberta, alors que cette fois-ci, les libéraux n’ont fait élire aucun député dans cette province et en Saskatchewan.

Leurs conseils viendront s’ajouter au travail de transition supervisé par les hauts fonctionnaires du cabinet du premier ministre et du Bureau du Conseil privé.

M. Trudeau a déjà eu recours aux conseils de Mme McLellan par le passé, d’abord sur la légalisation du cannabis — elle avait été ministre de la Justice —, puis sur le double rôle de procureur général et de ministre de la Justice suite à l’affaire SNC-Lavalin.

Isabelle Hudon est une dirigeante d’entreprise bien connue au Québec, notamment à la Financière Sun Life. Elle avait offert ses conseils économiques à l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper et M. Trudeau a fait appel à elle pour coprésider le Conseil consultatif sur l’égalité des sexes en marge du sommet du G7 organisé par le Canada en juin 2017. Le premier ministre l’a ensuite nommée ambassadrice à Paris.

En 2015, M. Trudeau s’était tourné vers Peter Harder, fonctionnaire de longue date, pour diriger la transition après une décennie de gouvernement conservateur. Le premier ministre a ensuite nommé M. Harder au Sénat, faisant de lui le représentant du gouvernement à la chambre haute.

Visite à Rideau Hall

M. Trudeau a rencontré mardi matin la gouverneure générale Julie Payette, à Rideau Hall, pour confirmer son intention de former le prochain gouvernement. Il a déjà exclu une coalition officielle avec l’un des partis de l’opposition pour assurer la survie de son gouvernement : il a donc l’intention d’essayer d’obtenir le soutien d’un ou de plusieurs partis d’opposition au cas par cas, selon les projets de loi.

Les libéraux, qui avaient entamé la campagne avec 177 sièges, ont remporté 157 sièges aux élections du 21 octobre dernier, soit 13 de moins que ce qui était requis pour former un gouvernement majoritaire. Ils auront donc besoin de l’appui d’au moins un parti pour faire adopter une loi au Parlement. M. Trudeau devra également survivre à un vote de confiance sur un discours du Trône, qui devrait exposer ses plans pour gouverner.

M. Trudeau et Mme Payette devaient aussi discuter du moment où le Parlement sera convoqué à nouveau. Le cabinet du premier ministre n’a pas révélé de détails sur ce qui a été dit lors de cette rencontre.

En 2015, il avait fallu plus d’un mois pour que les députés soient rappelés à Ottawa, bien qu’un nouveau cabinet ait été assermenté plus tôt.

M. Trudeau mettra cette fois-ci plus de temps pour constituer son cabinet, qu’il dévoilera un mois après le scrutin, le 20 novembre. Il devra notamment décider comment combler le vide laissé par la défaite des ministres Ralph Goodale en Saskatchewan et Amarjeet Sohi en Alberta — alors qu’il n’y a pas d’autres élus libéraux dans ces provinces.

Le premier ministre devra aussi prendre une difficile décision sur le sort de deux autres ministres réélus le 21 octobre, mais qui sont actuellement traités pour un cancer : Dominic LeBlanc, du Nouveau-Brunswick, et Jim Carr, du Manitoba.