Le gouvernement de Justin Trudeau ne suspendra pas l’Entente sur les tiers pays sûrs qui sert à gérer le flux des demandeurs d’asile entre le Canada et les États-Unis.

Trudeau condamne la séparation des familles

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau a beau qualifier d’inacceptable la séparation de familles migrantes aux États-Unis, son gouvernement ne suspendra pas pour autant l’Entente sur les tiers pays sûrs qui sert à gérer le flux des demandeurs d’asile entre le Canada et les États-Unis.

«On prend des actions basées sur des faits et des [gestes], pas basées sur des peurs ou des inquiétudes, a-t-il soutenu lors d’une conférence de presse, mercredi après-midi, pour dresser le bilan des derniers mois avant la relâche estivale.

«Nous allons [...] regarder de près le comportement des États-Unis par rapport à cette situation avec les enfants [...], mais déjà on voit que le président a pris certaines actions aujourd’hui [...], a-t-il ajouté. On continue d’espérer que les États-Unis vont continuer de protéger les gens, les citoyens.»

M. Trudeau avait pourtant condamné la séparation des enfants migrants de leurs parents en début de journée, quelques heures avant que le président américain Donald Trump signe un décret pour mettre fin à cette pratique.

«Manque de compassion»

Les conservateurs s’étaient gardés jusqu’à maintenant de dénoncer la politique de tolérance zéro» implantée par l’administration Trump à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

«Cette politique de séparer les enfants de leurs parents manque de compassion et ce n’était pas une façon de traiter les gens avec la dignité qu’ils méritent peu importe la façon dont ils entrent dans un pays», a déploré le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, à son entrée à la période des questions mercredi.

Son parti continue toutefois de demander que l’Entente sur les tiers pays sûrs soit appliquée à l’ensemble de la frontière canado-américaine, avait indiqué la députée Michelle Rempel plus tôt dans la journée.  

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LE PAPE DONNE DE LA VOIX

Les images de ces milliers d’enfants en pleurs arrêtés puis placés dans des centres, divisés en cages grillagées ou dans des camps faits de tentes, ont fait scandale.

À New York, une chaîne de télévision a diffusé mercredi des images de cinq fillettes accompagnées d’adultes, parlant espagnol, marchant en pleine nuit vers un centre d’accueil du quartier de Harlem, suggérant que ces enfants sont placés incognito.

La première ministre britannique Theresa May a jugé «profondément choquantes» ces images «d’enfants détenus dans ce qui semble être des cages». 

«La dignité de la personne ne dépend pas de son statut de citoyen, de migrant ou de réfugié. Sauver la vie de qui s’échappe de la guerre et de la misère est un acte d’humanité», a également assuré le pape François sur Twitter.  AFP