Le leader parlementaire de l’opposition libérale, Marc Tanguay, a haussé le ton, mardi, en demandant au premier ministre de «se ressaisir» et de cesser de vouloir empêcher l’opposition de faire son travail parlementaire.

Travaux parlementaires: Legault discrédite l’opposition, selon Marc Tanguay

Après avoir défié le président de l’Assemblée nationale, la semaine dernière, l’opposition libérale s’en prend désormais directement au premier ministre François Legault, accusé de discréditer le travail parlementaire des partis d’opposition.

En point de presse, le leader parlementaire de l’opposition libérale, Marc Tanguay, a haussé le ton, mardi, en demandant au premier ministre de «se ressaisir» et de cesser de vouloir empêcher l’opposition de faire son travail parlementaire.

Une partie de bras de fer est engagée depuis une semaine entre l’opposition officielle libérale et le gouvernement, à propos de la conduite des travaux parlementaires.

L’équipe libérale estime que le gouvernement lui met des bâtons dans les roues, qu’il s’agisse du président, François Paradis, du leader parlementaire, Simon Jolin-Barrette, voire du premier ministre lui-même, tandis que le gouvernement se plaint de voir l’opposition libérale «bloquer» l’adoption de ses projets de loi, en étirant indûment l’étude des législations.

Mardi, en fin de journée, rien n’a filtré d’une rencontre, tenue entre le président de l’Assemblée nationale et les leaders parlementaires des trois partis d’opposition, qui visait à calmer le jeu au Salon bleu.

Chose certaine, les libéraux n’ont pas l’intention de faire amende honorable, en laissant le gouvernement mener les travaux parlementaires à sa guise.

Le premier ministre Legault «essaie de discréditer le travail des oppositions et notamment de l’opposition libérale», a soutenu M. Tanguay, en se dirigeant vers le bureau du président, qui ne s’est pas adressé aux médias.

«C’est une posture qu’il s’est donnée», selon le député libéral, qui exhorte le premier ministre «à baisser le ton», au lieu de contribuer au climat de tension qui s’est installé au Salon bleu.

Plus tôt, le premier ministre avait jeté de l’huile sur le feu, en affirmant durant la période de questions que «les Québécois ont compris que le Parti libéral veut juste retarder les travaux», après avoir énuméré le nombre d’heures d’étude relié à plusieurs projets de loi déposés.

La semaine dernière, M. Tanguay avait qualifié l’attitude du premier ministre de «cavalière et blessante», quand il avait refusé de donner son accord à une motion libérale en faveur des services à fournir aux jeunes autistes qui deviennent adultes.

Il avait alors défié le président, passant près de l’expulsion, en refusant de s’asseoir, malgré l’ordre donné par le président, qui ne voulait pas lui accorder le droit de parole réclamé.

Dès lors, l’autorité du président était remise en cause.

M. Tanguay reproche par ailleurs au leader du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, de manquer de respect envers le président, ce qui n’arrange rien selon lui pour assainir le climat.

Mardi, il a demandé à M. Jolin-Barrette de «cesser de tutoyer» le président «sur le parquet du salon bleu».

La semaine dernière, lors de la confrontation entre M. Paradis et M. Tanguay, M. Jolin-Barrette avait lancé, hors micro, «François, sors-le!» en parlant de M. Tanguay.

La présente session se termine le 6 décembre et les journées paraîtront longues aux parlementaires si le ton des échanges ne s’améliore pas d’ici là.

La position de M. Paradis semble plus que jamais fragilisée, même si, à ce jour, tous les partis d’opposition réitèrent leur confiance au président, une condition essentielle pour qu’il exerce sa fonction en ayant les coudées franches. Mais ils tiennent à ce que certaines pratiques changent, réclamant notamment de pouvoir s’exprimer plus librement.