Selon le premier ministre Legault, la Caisse de dépôt et placement du Québec n’est pas une option pour Gatineau. Le financement du train léger doit passer par une participation accrue du gouvernement fédéral.

Train léger: la Caisse de dépôt «n’invente pas l’argent», dit Legault

EXCLUSIF / Le premier ministre du Québec, François Legault, avait une bonne et une mauvaise nouvelle, vendredi, pour le maire de Gatineau qui cherche par tous les moyens de boucler le financement de son futur train léger. La mauvaise, c’est qu’une participation financière de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) n’est pas une option aux yeux du premier ministre. La bonne, c’est que pour la première fois, François Legault a confirmé que le gouvernement du Québec est prêt à financer 60 % du projet de 2,1 milliards $ proposé par Maxime Pedneaud-Jobin.

En entrevue exclusive avec Le Droit, le premier ministre a rapidement mis fin aux approches exploratoires entamées par le maire Pedneaud-Jobin auprès de la CDPQ. « Je ne pense pas que ça réglerait le problème, en fait j’en suis même convaincu, a-t-il affirmé. La CDPQ va accepter de financer le projet pourvu que quelqu’un paie pour. Alors c’est soit Québec, le fédéral ou l’utilisateur qui doit payer. On ne gagne rien dans ce dossier à passer par la CDPQ. La Caisse n’invente pas l’argent et je ne pense pas que ce soit dans les plans de Maxime [Pedneaud-Jobin] d’augmenter à plus finir les tarifs de transport en commun chez lui. »

Selon M. Legault, le « vrai problème » réside dans la part que devrait financer le gouvernement fédéral, qui n’est pas au rendez-vous.

« Il y a deux problèmes au Québec, il n’y en a pas 50, ce sont les projets de Québec et de Gatineau pour lesquels le fonds fédéral fonctionne avec un critère [achalandage] qui n’est pas approprié pour les villes de taille moyenne. À Gatineau, on a un projet de 2,1 milliards $. Le gouvernement du Québec est prêt à financer sa part de 60 % du projet, mais le gouvernement du Canada, en raison du critère de l’achalandage, ne finance que 170 millions $. Il manque plus de 600 millions $ dans la part du fédéral pour Gatineau. On a le même problème avec le projet de Québec. C’est injuste de dire que le fédéral a une enveloppe de 5,2 milliards $, mais que ça s’en va presque juste à Montréal. Je pense que Gatineau et Québec ont le droit d’avoir une part de cette enveloppe. Ce n’est pas normal que le fédéral ne finance pas son 40 % dans le projet de Gatineau. »

M. Legault ne voit que deux solutions plausibles pour dénouer l’impasse dans laquelle se retrouve Gatineau. Ou bien le fonds fédéral est adapté pour répondre aux besoins des villes de taille moyenne, ou bien Ottawa crée un nouveau fonds spécifiquement pour les villes comme Gatineau et Québec.

Autorisation environnementale

Le premier ministre Legault déplore par ailleurs que le processus d’autorisation environnementale occasionne des retards dans la réalisation du dernier tronçon du Rapibus, tel qu’annoncé la semaine dernière par la Société de transport de l’Outaouais. « Ce sont les libéraux qui ont fait retarder ce projet parce qu’ils voyaient ce tronçon comme un nouveau projet alors que ce n’était que la continuation du même projet, d’un tronçon déjà autorisé dans le projet initial », a indiqué M. Legault.

Au-delà des attaques politiques envers ses adversaires libéraux, M. Legault admet que le processus d’autorisation environnementale est « beaucoup trop long » et qu’il a pour effet de bloquer beaucoup de projets à la grandeur de la province.

« J’ai donné un mandat au ministre de l’Environnement, dit-il. On ne parle pas de changer les critères, mais d’avoir des délais d’autorisation plus courts et d’utiliser un certain jugement dans la définition des milieux humides, et d’appliquer des critères comme l’acceptabilité sociale. »

M. Legault se dit confiant que les travaux pour le prolongement du Rapibus jusqu’au boulevard Lorrain pourront commencer dès l’an prochain.

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FRANÇAIS EN MILIEU DE TRAVAIL: «LA CHARTE DOIT ÊTRE RESPECTÉE»

Les récriminations de certaines entreprises de haute technologie de la région face à l’application de la Charte de la langue française dans leur milieu de travail n’émeuvent pas outre mesure le premier ministre du Québec, François Legault. 

«La Charte doit être respectée», a-t-il d’abord affirmé. 

Le premier ministre ajoute que les entreprises pour qui l’application de la Charte représente un enjeu pourraient cependant être mieux accompagnées. «Et là, le gouvernement a un rôle à jouer», dit-il. 

Le gouvernement souhaite voir une meilleure offre de cours de français, directement dans les milieux de travail. 

«On veut plus de cours de français, par exemple, sur l’heure du midi, pour les employés qui le souhaiteraient sur une base volontaire», a indiqué le premier ministre.