Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Jonatan Julien

Tarifs d’Hydro-Québec: le ministre Julien fait fi de l’avis de quatre de ses prédécesseurs

QUÉBEC - Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, balaie l’avis de quatre de ses prédécesseurs, qui soutiennent que le projet de loi 34 sur les tarifs d’électricité menace les exportations d’énergie vers les États-Unis.

S’il est adopté, le projet de loi constituera un nouvel obstacle dans la vente de blocs d’électricité au Massachusetts et à New York, ont prévenu Guy Chevrette, Rita Dionne-Marsolais, François Gendron et Pierre Moreau dans une lettre ouverte, mercredi.

Le gouvernement caquiste mettrait ainsi à risque des revenus de «plusieurs centaines de millions de dollars», ont-ils clamé à l’unisson.

MM. Chevrette et Gendron, ainsi que Mme Dionne-Marsolais, ont été ministres des Ressources naturelles dans des gouvernements du Parti québécois, tandis que Pierre Moreau occupait cette fonction jusqu’à tout récemment dans le gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Ils demandent le retrait immédiat du projet de loi 34, accusant le ministre Julien de s’entêter à le faire adopter «coûte que coûte», malgré un mouvement d’opposition «sans précédent».

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À son arrivée au caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ), mercredi matin, M. Julien a balayé l’avis des anciens ministres du revers de la main, avant de déclarer en Chambre qu’il n’avait aucune intention de renoncer à son projet de loi.

Il a assuré que le principal objectif du gouvernement est d’exporter les surplus d’électricité et qu’en ce sens, le projet de loi 34 a été conçu avec les juristes d’Hydro-Québec pour justement éviter de mettre à risque les exportations.

M. Julien a soutenu que le projet de loi 34 ne touche pas à Hydro-Québec TransÉnergie, «et c’est justement ce qui fait en sorte qu’il n’y a pas d’enjeux par rapport aux exportations», a-t-il dit en mêlée de presse.

Le projet de loi 34 permettrait de remettre 500 millions $ aux clients d’Hydro-Québec dès le début de 2020 et d’abolir le système annuel d’évaluation des tarifs d’électricité par la Régie de l’énergie.

Au lieu de cela, les tarifs seraient gelés lors de la première année, puis fixés en fonction de l’inflation.

Au cours des quatre dernières années, les hausses de tarifs se sont plutôt situées en deçà de l’inflation, passant de 0,7 pour cent en 2016, à 0,7 pour cent en 2017, à 0,3 pour cent en 2018 et à 0,9 pour cent en 2019.

Après 2025, en vertu du projet de loi, Hydro-Québec devra demander à la Régie de l’énergie de fixer de nouveaux tarifs tous les cinq ans, et non chaque année, comme c’est le cas actuellement.

Au début du mois, des groupes de consommateurs d’électricité, des PME et des grands industriels se sont joints aux trois partis d’opposition pour dénoncer le projet de loi.

Mardi, près de 1400 PME, qui emploient plus de 15 000 travailleurs dans 14 régions du Québec, ont signé une pétition exigeant la refonte complète de la pièce législative. Les PME craignent que le projet de loi ne fasse qu’empirer leur situation en augmentant les tarifs d’électricité.