Le premier ministre François Legault durant la période de questions à l'assemblée nationale, mardi

Tarifs d’Hydro: Legault dénonce «l’obstruction»

Le scénario d’un bâillon en fin de session se dessine. François Legault a déclaré mercredi être déterminé à faire adopter le projet de loi 34 sur les tarifs d’électricité avant le 1er janvier 2020.

Or, la session parlementaire se termine le vendredi 6 décembre. En mêlée de presse, le premier ministre n’a pas exclu de recourir au bâillon pour forcer l’adoption expéditive du projet de loi.

Si ce scénario se concrétise, ce serait un troisième bâillon pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) en six mois. En juin dernier, il avait adopté à toute vapeur le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État et le projet de loi 9 en immigration.

Mercredi, M. Legault a dénoncé la lenteur des travaux relativement au projet de loi 34, en affirmant que les députés avaient déjà passé plus de 100 heures à étudier seulement deux articles.

Selon lui, les libéraux font de «l’obstruction», car tout a été dit au sujet du projet de loi et il serait temps de passer au vote.

Il dit avoir calculé que les députés passent actuellement 43 pour cent plus de temps en commission parlementaire pour étudier les projets de loi que sous l’ère libérale.

«Les libéraux l’ont vu dans Jean-Talon lundi - ils doivent respecter le choix qui a été fait par les Québécois et arrêter de penser que c’est eux autres qui sont au pouvoir», a-t-il déclaré.

Pourtant plus tôt, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, n’affichait pas le même pessimisme. En mêlée de presse, il a affirmé qu’au contraire tout se passait très bien avec l’opposition.

«Je trouve qu’on a une très bonne collaboration, de très bonnes discussions.»

Le projet de loi 34 retournerait 500 millions $ aux clients d’Hydro-Québec, gèlerait les tarifs d’électricité en 2020 pour ensuite les arrimer à l’inflation dès 2021. Il affaiblirait la Régie de l’énergie en lui enlevant des pouvoirs.

Il constitue la réponse du gouvernement à l’enjeu des trop-perçus d’Hydro-Québec. Avec ce projet de loi, le gouvernement prétend redonner aux Québécois 1,5 milliard $, une affirmation contestée par pratiquement l’ensemble des groupes venus témoigner.

Des associations de consommateurs, des grands industriels, des PME, des experts, les trois partis d’opposition ainsi que quatre ex-ministres ont descendu le projet de loi en flammes dans les derniers mois.

Selon eux, les Québécois risquent non seulement de payer plus cher leur électricité, mais le projet de loi menacerait aussi les exportations d’énergie vers les États-Unis.