En réponse à l’écologiste David Suzuki, la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, a déclaré ne pas être une « lâcheuse ».

Suzuki appelle encore la ministre McKenna à démissionner

MONCTON — L’éminent écologiste David Suzuki a réitéré vendredi son appel à la démission de la ministre canadienne de l’Environnement.

M. Suzuki estime que la ministre Catherine McKenna fait preuve d’hypocrisie en s’engageant à respecter l’accord de Paris sur le climat et en prétendant que son gouvernement travaille en ce sens « à plein régime ».

Le scientifique s’en est de nouveau pris à elle alors qu’il était de passage à Moncton, au Nouveau-Brunswick, pour donner son appui au Parti vert en vue des élections provinciales de la semaine prochaine.

Il avait d’abord réclamé sa démission dans un article paru mercredi sur le site internet de La Presse, alors qu’il réagissait au départ fracassant du ministre français de l’Environnement, Nicolas Hulot.

« J’étais très impressionné par M. Hulot, en France, qui a juste déclaré, en ondes : “Mon gouvernement n’est pas sérieux face à cette cible. (...) Je démissionne.”Et bien pourquoi diable est-ce que la ministre de l’Environnement le ne fait pas aussi ? On dirait une ministre de l’Économie », s’est-il indigné.

Il a qualifié de ridicule le fait que le gouvernement de Justin Trudeau conserve les cibles fixées sous Stephen Harper, et il fait valoir que la ministre McKenna devrait renoncer à son poste si elle est sincère dans ses propos sur la lutte aux changements climatiques.

« Harper était un climatosceptique féroce, et ils vont utiliser ses cibles ? Qu’est-ce qu’il se passe ? », s’est-il interrogé.

L’accord de Paris a pour objectif de limiter le réchauffement planétaire sous la barre des deux degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels.

Mme McKenna a répliqué plus tôt cette semaine que démissionner est facile, contrairement à la tâche à laquelle s’attelle le gouvernement en matière de climat.

« C’est très difficile ce que nous faisons. C’est une transition à long terme vers un futur plus propre », a-t-elle fait valoir en marge d’un sommet des ministres du G7 à Halifax.

Elle a aussi dit ne pas être une « lâcheuse ».

« Je vais rester à ce poste tant et aussi longtemps que le premier ministre me garde ici », a-t-elle ajouté.

M. Suzuki souligne que la communauté scientifique met en garde contre les changements climatiques depuis des décennies et que les gouvernements doivent maintenant l’écouter et intervenir.

S’exprimant devant des membres du Parti vert réunis à Moncton, vendredi, il a rappelé qu’un Canadien sur deux développera un jour le cancer, tel qu’annoncé l’an dernier.

« Pensez-vous que c’est normal ? Je n’accepte pas que ce soit la nouvelle normalité. Qu’est-ce qu’on pense qui va être la conséquence quand on utilise l’air, l’eau et le sol comme une poubelle pour nos déchets toxiques ? »