Justin Trudeau a déclaré mardi que cette affaire de prête-noms entourant les dons de SNC-Lavalin à des partis politiques s’est déroulée il y a plus de 10 ans, bien avant la réforme du financement des partis politiques fédéraux.

SNC-Lavalin: Trudeau défend le financement de son parti

Justin Trudeau assure que le Parti libéral actuel n’accepterait pas de contributions politiques comme celles qui ont plongé SNC-Lavalin dans l’embarras à la fin des années 2000.

Le premier ministre a déclaré mardi que cette affaire de prête-noms s’est déroulée il y a plus de 10 ans, bien avant que son équipe soit élue et procède à une réforme du financement des partis politiques fédéraux.

Si une infraction à la Loi électorale est commise, le Commissaire aux élections fédérales, « bras juridique » du Directeur général des élections, peut conclure avec l’intéressé une transaction, assortie de diverses conditions, ce qui évite au contrevenant une poursuite pénale.

La firme d’ingénierie montréalaise a conclu en 2016 une telle transaction avec le Commissaire aux élections. L’entreprise reconnaissait alors que d’anciens dirigeants avaient convaincu des employés de verser de l’argent aux partis libéral et conservateur. Ces prête-noms étaient ensuite remboursés par leur employeur, qui contournait ainsi les plafonds fixés par la Loi électorale pour les contributions aux partis politiques.

Cette transaction était publique à l’époque, mais un reportage de Radio-Canada/CBC révèle aujourd’hui l’identité des employés de SNC-Lavalin qui, selon le Commissaire aux élections, ont été impliqués dans ce stratagème de prête-noms. Sur cette liste, obtenue par les émissions « Enquête » et « The Fifth Estate », on retrouve notamment le nom de l’ex-ministre libérale de la Justice du Québec Kathleen Weil. La députée de Notre-Dame-de-Grâce assure qu’il s’agit là d’une erreur : « Je n’aurais jamais et je n’ai jamais agi comme prête-nom », a-t-elle soutenu mardi matin.

Les libéraux fédéraux ont reçu près de 118 000 $ dans le cadre de ce stratagème, et les conservateurs 8000 $.

Neil Bruce, président-directeur général de SNC-Lavalin, déclarait en 2016 que l’accord conclu avec le commissaire aux élections démontrait bien que la firme avait tourné la page.

Le Parti libéral du Canada aussi, a soutenu M. Trudeau mardi, avant la réunion hebdomadaire du cabinet.

« La réalité, c’est que c’est un enjeu qui date de plus de 10 ans au parti — c’est bien avant que nous arrivions pour faire les changements importants à la façon que la collecte de fonds se fait pour les partis fédéraux, a-t-il dit. On reconnaît qu’il y a eu des arrangements dans le temps, mais ce n’est plus quelque chose qui dure dans notre parti. »

Les contributions couvertes par la transaction entre le Commissaire aux élections et SNC-Lavalin avaient été versées entre 2004 et 2011 ; M. Trudeau est devenu chef libéral en 2013.