Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh

Singh veut rouvrir la Constitution

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a plaidé en faveur de la réouverture de la Constitution canadienne, vendredi, lors du congrès de son parti. Un appel entendu par les délégués.

« Je crois que la Constitution devrait être quelque chose qui rassemble notre pays, donc c’est nécessaire que toutes les nations, toutes les provinces, tous les territoires soient inclus », a-t-il dit en français sur le plancher de la plénière.

« Mais la réalité est que le Québec est exclu et aussi les Premières Nations, donc il faut avoir le courage de changer ça », a-t-il poursuivi.

Il a ensuite ajouté en anglais qu’il soutenait la résolution en faveur de la réforme constitutionnelle parce que les peuples autochtones doivent être reconnus en tant que nations dans la loi fondatrice pour une société plus juste et inclusive, sans toutefois faire mention du Québec.

La résolution soumise par la section québécoise du NPD demande au parti de reconnaître « l’erreur historique » du rapatriement de la Constitution en 1982 sans l’accord du Québec et pour accueillir favorablement une réforme constitutionnelle qui reconnaîtrait « le caractère national du Québec » et viserait à « assurer son adhésion au cadre constitutionnel canadien ».

La résolution des néo-démocrates québécois propose qu’une réforme constitutionnelle se négocie non seulement entre Ottawa et les provinces, mais également avec les nations autochtones pour tenir compte de leurs revendications.

Le gouvernement de Philippe Couillard a tenté de relancer le débat constitutionnel en juin avec sa Politique d’affirmation canadienne et des relations canadiennes, mais le premier ministre Justin Trudeau s’était empressé de fermer la porte.

La résolution a été adoptée par une large majorité de délégués néo-démocrates tout comme une résolution pour l’instauration d’une déclaration d’impôt unique gérée par le gouvernement Québec qui transférerait ensuite la portion fédérale à Ottawa. Ces résolutions pourraient se retrouver dans le programme électoral du NPD lors de la prochaine élection fédérale.

Près de 2000 délégués de partout au pays sont réunis à Ottawa toute la fin de semaine pour le congrès du parti. Les 200 membres de la délégation québécoise sont arrivés bien organisés pour s’assurer que leurs revendications soient débattues en plénière.

« Il faut que le Québec demeure une priorité dans la prochaine élection, il faut rendre ça clair, il faut offrir une offre intéressante aux Québécois et aux Québécoises afin qu’ils nous considèrent pour former le prochain gouvernement », a expliqué la chef de la délégation, Marianne Côté.

« Quelques-unes des résolutions que nous avons présentées aujourd’hui sont une offre intéressante, spécifique pour le Québec. Je pense que les gens vont reconnaître ça et que, oui, ça va définitivement nous aider dans la prochaine campagne. »

Lors des plus récentes élections fédérales en 2015, le NPD était passé de 59 à 16 sièges dans la province. Un bilan avait permis de déterminer des lacunes dans le programme électoral du parti qui ne ciblait pas suffisamment les électeurs québécois.

Les résolutions sur la réforme constitutionnelle et la déclaration d’impôt unique vont plus loin que la Déclaration de Sherbrooke adoptée par le parti en 2005. Cette politique définissait le statut particulier réservé au Québec dans un gouvernement fédéral néo-démocrate.