L’ex-président de la campagne électorale des libéraux, Alexandre Taillefer, estime que son parti d’adoption doit réfléchir à l’idée d’interdire le port de signes religieux chez les personnes ayant des pouvoirs de coercition, comme le préconisait le rapport Bouchard-Taylor.

Signes religieux: Taillefer en porte-à-faux avec son parti

Des couacs retentissent entre Alexandre Taillefer et l’aile parlementaire libérale. L’ex-président de la campagne électorale des libéraux estime que son parti d’adoption doit réfléchir à l’idée d’interdire le port de signes religieux chez les personnes ayant des pouvoirs de coercition, comme le préconisait le rapport Bouchard-Taylor. «Pas question», dit le président intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand.

«Il y a certainement un questionnement à avoir par rapport à la question des signes religieux», a déclaré Alexandre Taillefer, lundi, en marge de la cérémonie d’assermentation des députés libéraux à l’Assemblée nationale.

«On a aujourd’hui abordé la question de Bouchard-Taylor. Est-ce qu’on doit arriver à un compromis? C’est quelque chose qui va être sur la table», a assuré M. Taillefer.

«Pas question», dit Arcand

Plus tôt en journée, le chef intérimaire Pierre Arcand avait affirmé au Soleil qu’il «n’est pas question» pour son groupe parlementaire de changer de position — de finalement faire sienne la recommandation phare du rapport Bouchard-Taylor préconisant l’interdiction du port de signes religieux chez les juges, les procureurs, les policiers et les gardiens des centres de détention québécois.

«Nos valeurs de base sont des valeurs d’ouverture et d’inclusion, avait insisté M. Arcand en entrevue. Le dernier gouvernement [celui de Philippe Couillard] a été aussi loin qu’il le pouvait» avec le projet de loi obligeant le «visage découvert» dans les interactions entre les citoyens et les représentants de l’État québécois.

M. Arcand a repris ce message plus tard en point de presse en ajoutant que M. Taillefer a terminé son mandat de président de campagne électorale; qu’il est désormais un simple citoyen — tout militant libéral soit-il, au point même d’avoir été invité à la cérémonie d’assermentation. Mais qu’il a droit à son opinion de «citoyen».